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[Tome second.]
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OCÉANIE. NOUVELLE-ZELANDE .

des rapports plus doux. Prodigue davances,Waka-Taï sapprocha de lui pour lui donner lesalut du pays qui consiste dans le frottementdes nez. Malheureusement, le maitre-dhôlel, enbaissant la tète pour se prêter à la politesse , filun geste brusque qui dérangea léconomie de saperruque. Ce couvre-chef tomba par terre etlaissa à nu le crâne du pauvre homme. Cenétait quun petit inconvénient, si Waka-Taïnavait cru y voir un résultat de sortilège. Ellesimagina que cet homme, par un effet de sonart , venait tout-à coup de faire disparaître lapeau de sa tète, et, à cet acte de puissance ma-gique, elle poussa des cris deffroi. Les femmesde sa suite, non moins épouvantées, s'enfuirentdans toutes les directions en criant : « Un ma-gicien ! un sorcier ! » Quant au niaîlre-dhôlel,auteur involontaire de tout ce bruit, il ramassatranquillement sa perruque et la remit sur soncrâne nu, ce qui fut un second objet de surprise,quand ces femmes, le regardant de nouveau, levirent dans son état naturel.

Cependant la prêtresse avait triomphé de sesfraveurs ; elle sétait rapprochée de son confrèrele magicien, tout en lépiant dun air craintifpour le surveiller dans ses nouveaux sortilèges.<i Pourrait-il enlever sa tète aussi facilement queses cheveux? » demanda-t-elle à Pendleton.Pendielon répondit sans hésiter quil croyaittout possible à ce grand sorcier; et comme laprêtresse désirait savoir à combien desprits ilcommandait, le capitaine ajouta quil serait dif-ficile den préciser le nombre.

Cette question et cette réponse inspirèrent ànos officiers lidée de jouer un nouveau tour àla prêtresse. Ils appelèrent le maître-dhôtel.Cétait ce même Dig dont nous avons racontéles frayeurs à Nouka-Hiva, chez le premierpeuple anthropophage visité dans celte campa-gne. Dig sétait bien aguerri depuis, et quandon lui offrit loccasion de rendre aux sauvagesles frayeurs que ceux-ci lui avaient causées, illa saisit avec empressement. Lun des officiersmit la tète du maître-dhôlel à nu , et y peigniten rouge la plus épouvantable figure quil pûtimaginer, puis recouvrit le tout par la perru-que. Il ne sagissait plus alors que davoir uneoccasion de découvrir le chef du sorcier Dig.Ce fut la prêtresse qui la fournit elle-même.Pendleton lui avait servi assez de rum pour laguérir de ses craintes ; elle était alors devenueun esprit-fort ; elle pouvait supporter de sang-froid les plus terribles expériences de sorcelle-rie. Elle senhardit au point de demander àPendleton dinviter le docteur à ôter sa tète,

sans quoi ses compagnes et les naturels présensà cette scène auraient peine à croire à un sem-blable pouvoir. Pendleton hésitait déjà , et nesavait comment se tirer de ce mauvais pas,quand le maître-dhôlel savança gravement etdit quil allait satisfaire le désir de la prêtresse.Il la salua profondément, puis, par un mouve-ment brusque, il abaissa tout-à-coup sa per-ruque sur son visage, et lui présenta lhorribleeffigie qui ornait son crâne. Pendleton et moi,qui nétions pas préparés à celle scène, nous enfûmes presque effrayés nous-mêmes; quon jugede leffet quelle dut produire sur la prêtresse etsur les femmes qui laccompagnaient. Le premiermouvement lut la stupeur, le second lépou-vante. Hommes, femmes, enfans , prêtresse,chef, tout senfuit, tout quiLla le pont eupoussant de grands cris. Les uns descendirentdans leurs pirogues, les autres se jetèrent àleau. On avait beau les rappeler, ils ne vou-laient plus reparaître à bord. Quant au maître-dhôtei, il triomphait de leffet terrible quilavait produit sur les pauvres naturels. Sontriomphe, toutefois, ne fut pas de longue du-rée. M. Williams, qui était venu nous voir, voulutprofiler de cet épisode pour donner une leçonà ces hommes. Il leur fit voir comment ce fait,surnaturel en apparence , sexpliquait par descauses simples et naturelles. A sa voix les sau-vages remontèrent à bord. Alors le maître-dhô-tel expia à son tour ses malices. Les jeunes filleset les enfans 11 e cessèrent de lui tirer sou cha-peau et sa perruque pour sassurer que ses sor-tilèges 11 e tenaient pas à des causes surhu-maines.

Le 29 mars, le vent étant devenu favorable,lOceanic appareilla; il doubla la pointe Tapeka,sortit de la baie, et le soir, au coucher du soleil,on perdit de vue le cap Olou ou cap Nord dela Nouvelle-Zélande .

CHAPITRE XLI.

NOUVELLE-ZÉLANDE . - DÉCOUVERTE

ET HISTOIRE.

Tasman venait de découvrir les terres deVau-Diemen, quand il accosta, le 13 décem-bre 1642, les côtes de la Nouvelle-Zélande dont les Européens navaient avant lui aucuneconnaissance. Après avoir cotoyé la terre pen-dant quelques jours, il entra, le 17 , dans ledétroit de Cook quil prit pour une baie pro-fonde , et alla mouiller le jour suivant près dela terre. Deux canots furent sur-le-cliamp expé-diés à la recherche dune aiguade, et ne revin-