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[Tome second.]
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OCEANIE.

NOUVELLE-ZELANDE .

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parmi les tapous, sont ceux qui frappent lesvivres quil est défendu de manger dans lesmaisons, les plantations de patates ou kou-maras; les malades en danger quon séquestrede la société des individus sains, les tombes,les cheveux, la barbe et tout ce qui appartientà la tète dun chef de haut rang. 11 y a aussides tapous accidentels et temporaires, soit pourla construction des maisons et des pirogues,soit pour les couches des femmes, pour lopéra-tion du moko, pour la pèche de certains pois-sons, pour tous les objets enfin que des motifssuperstitieux ou purement politiques les déci-dent à frapper de cette interdiction. Lénuméra-tion de ces puérilités serait trop longue et tropfastidieuse. On peut dailleurs consulter à cesujet le travail complet de M. dUrville sur laNouvelle-Zélande .

Les makoutoas sont des espèces de charmesfort redoutés des Zélandais. Us saccomplissentau moyen de prières, de mots magiques, de cer-tains gestes, grimaces ou stratagèmes. Le plussouvent, ce sont les prêtres meme qui en sontles auteurs, et il faut recourir, pour en neu-traliser leffet, à des charmes contraires. Aces causes surnaturelles sont attribuées unefoule de malaJies et de morts. Les songes ontaussi sur lesprit des insulaires une assez grandeinfluence , particulièrement dans la bouche desprêtres, qui de viennent alors les interprètes dela divinité même. On a vu souvent des arméesprès dentrer en campagne se débander tout-à-.coup et renoncer à leur projet sur la foi dunsonge défavorable.

Les funérailles dun ariki ou chef se font avecquelque pompe et avec une certaine solennité.Durant trois jours, le corps du défunt reste ex-posé avec ses ornemens, et les pareils, hommeset femmes, viennent se lamenter devant lui, enpoussant des cris, se déchirant la poitrine et lesépaules, de manière que le sang se mêle auxlarmes (Pl. LI 3). Le troisième jour, on placele corps dans une espèce de chaise, que deuxhommes chargent ensuite sur leurs épaulescomme on ferait dun palanquin (Pl. Ll 4).On le transporte ainsi dans un endroit isoléet rigoureusement taboue. Un pieu, une figurescolptée et rougie doere, le tout entouré dunepalissade, signalent la tombe dun ranga-lira ;un las de pierres seulement indique celle dunhomme du peuple ; le cadavre dun esclaveest jeté à la voirie, ou précipité dans la mer.Après linhumation, on laisse le corps dans laterre tout le temps nécessaire pour que la chairse détache des os. Au bout de ce temps, cest-

à-dire six mois ou un an après, les parens lesplus proches du défunt viennent accomplir lacérémonie de relever ses os. Alors on les net-toie avec soin ; puis un nouveau deuil a lieu,après quoi on les porte et on les dépose sur desplate-formes ou dans des caisses qui se rangentdans les sépulcres de famille. Ces sépulcres sontle plus souvent des grottes naturelles ; quelque- 5fois ce sont tout simplement des plate-formesélevées de deux ou trois pieds au-dessus du sol etentourées de palissades. En certaines occasions,les morts ne sont pas inhumés : leurs corps sontconservés dans des coffrets hermétiquementfermés et supportés sur des pieux sculptés etpeints en rouge.

A la mort dun chef de tribu, on sacrifie habi-tuellement plusieurs esclaves dont les corps sontenterrés à peu de distance de celui de lariki.Ainsi son waïdoua aura encore des serviteursdans lautre monde. Quand les esclaves sont im-molés, les chefs réunis marchent en armes avecleurs guerriers vers le territoire de la tribu dontlariki vient de mourir ; ils le dévastent et le pil-lent comme pour punir la tribu d'avoir laissémourir son chef.

Une coutume qui caractérise particulièrementle peuple zélandais parmi les nations polyné-siennes , cest de préparer les têtes des ennemistués dans le combat, pour les conserver commedes trophées de leurs victoires. Celte opération,qui se fait à laide de fumigations lentes et minu-tieuses, ne se pratique guère que pour les guer-riers distingués et les chefs de renom. Ces têtesdeviennent dune grande importance pour lespossesseurs, car il est certain que les parens et lesamis de ceux auxquels elles ont appartenu ferontles plus grands sacrifices pour les racheter.Aussi, ne manquent-ils pas de les porter aveceux quand ils vont de nouveau faire la guerreaux tribus que ces restes intéressent, et si lesort des combats les force à demander la paix,ils sont sûrs de lobtenir en offrant la restitutionde ces précieux gages. Bien préparées, ces têtesconservent tous les traits quavait lindivdu deson vivant. Les cheveux , la barbe et les sourcilspersistent; on ne voit quun faible raccornisse-ment dans le nez et dans les oreilles. Si on neles expose point à lhumidité, elles peuvent durertrès-long-temps.

Comme dans toute lOcéanie, les Nouveaux-Zelandais se saluent en se frottant les nez 1 uncontre lautre (Pl. L 2). Seulement ils ne pro-diguent pas ce salut comme les autres Océa-niens, et cest un acte solennel de bienveillanceet daffection mutuelles. Sil faut en croire