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sieurs bons mouillages. L’île principale a vingtmilles du N. au S. sur huit milles de large, etla côte O. est si élevée qu’on peut l’apercevoirà dix-sept lieues de distance par un temps clair.Les petites îles qui entourent Auckland se nom-ment Enderby , Disappoinlmenl et Adams. Lat.S. 50° 40’; long. E. 164° (milieu).
1. Antipode, découverte en 1800, et visitéepar le capitaine Pendleton de V Union , qui ylaissa un détachement pour la pèche des pho-ques. Tout ce que l’on sait, c’est que l’île estde médiocre hauteur. Son nom lui a été donnéparce qu’elle est située à peu près aux antipodesde Londres . Lat. S. 49° 40’ ; long. E. 177° 20’.
I. Bounty, découvertes en 1788 parBligh, etvisitées depuis par divers pêcheurs de phoques.Groupe de treize îlots ou rochers occupant unespace de trois milles et demi E. et O., et de unmille et demi du N. au S. Lat. S. 47° 44’ ; long.E. 176°47’i
Toutes les îles mentionnées ci-dessus sont dé-sertes, et jusqu’ici les pêcheurs de phoques seulsles ont foulées. Voici maintenant un groupeplus important occupé par des sauvages appar-tenant à la race polynésienne .
C’est le groupe Ciiatam que découvrit, le 23novembre 1791 , le capitaine Broughton, com-pagnon de Vancouver . Il mouilla dans la partieN. , sur une petite haie qu’il nomma baie deVEscarmouche. Ayant aperçu des naturels surla grève, Broughton y alla en canot. On accostale rivage ; on leur fit quelques présens qu’ils re-çurent, mais sans vouloir rien donner en échange.Seulement, par leurs signes multipliés , ils invi-taient les Anglais à descendre à terre ; maiscomme les sauvages, au nombre de trente ouquarante, étaient armés de lances, on hésitaità se fier à eux. Comme ils étaient assez tran-quilles, Broughton , cependant, finit par mettrepied à terre, prit possession de l’île au nom deson roi, puis examina les pirogues des natu-rels, frêles barques de huit à neuf pieds de lon-gueur sur deux ou trois de large et deux deprofondeur, à fond plat, et construites d’unbois si léger que deux hommes pouvaient facile-ment les porter sur leurs épaules. Chacune deces embarcations ne pouvait contenir que deuxou trois hommes, et semblait tout au plus propreà pêcher le long des rochers de la côte. Brough ton admira encore leurs filets fabriqués avec unbeau chanvre à deux brins, à nœuds bien serrés,et d’un tissu très-solide.
Quoique les Anglais se fussent aventurés bienau loin dans la forêt, ils n’y découvrirent au-cune habitation. Cette forêt, n’ayant point de
sous-bois, donnait une ombre délicieuse; on ymarchait sans difficulté. Les arbres y croissaientjusqu’à une certaine hauteur sans pousser debranches; toutefois on n’en remarquait point degrandes dimensions
Quand les sauvages et les Anglais se furenttout à-fait approchés les uns des autres, onse salua à la manière zélandaise, par le frotte-ment des nez. Alors les propositions d’échangecommencèrent : on offrit aux naturels quelquesbagatelles, eu retour desquelles ils cédèrent avecgrand’peiue une mauvaise lance. Broughton voulut essayer sur eux l’effet du bruit des ar-mes à feu. Il tira en l’air un coup de mous-quet. Tous s’enfuirent effrayés, à l’exceptiond’un vieillard qui resta impassible avec salance au côté, remuant son pied comme s’ilbattait la mesure, et regardant les Anglais d’unair menaçant. Broughton déposa son fusil, allavers le vieux sauvage et lui lendit la main. Deson coté, le vieillard remit à l’un de ses cama-rades une nalte où étaient enveloppés des casse-lèles en pierre semblables à ceux des Nouveaux-Zélandais. Ces naturels avaient aussi des lancesde six à dix pieds de long, dont deux neuvesétaient sculptées à la poignée ; mais ils ne pa-raissaient pas décidés à les échanger. Us avaientpourtant envie du fusil et du ceinturon du ca-pitaine, et répétaient souvent le mot tao-wala!
Accompagné de cinq de ses hommes, Brough ton se mit à marcher le long de la grève, tandisque le canot le suivait en serrant de près le rivagepour les recevoir en cas de besoin. Les Anglais s’étant assis , .plusieurs insulaires ramassèrentde gros bâtons qu’ils agitaient d’un air mena-çant, et celui qui avait les casse-têtes les attachaau bout de bâtons longs de deux pieds. Cesdémonstrations en restèrent là pour le moment,car les naturels se retirèrent et s’accroupirentautour d’un grand feu qu’ils venaient d’allumer.Quatorze seulement suivirent Broughton , quicontinua à marcher avec ses hommes le longde la baie, croyant avoir gagné l’amitié des in-sulaires par quelques cadeaux qu’il leur avaitfaits; il ne tarda pas à être désabusé sur leurcompte. Laissons le capitaine raconter lui-mêmela fin de celte entrevue :
« Après avoir fait, dit-il, environ une demi-lieue autour de la baie, nous arrivâmes à laplace derrière laquelle, du haut du grand mât,on avait aperçu de l’eau au-delà du rivage. Enmarchant sur la grève, nous reconnûmes quecelte eau formait, à l’O., une vaste nappe au-tour d’une montagne qui nous empêcha d’en voirplus au loin le développement. Vers l’extrémité