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CHAPITRE IV.
DES MOYENS QUE LES INSECTES EMPLOIENT POURCONSERVER LEUR EXISTENCE.
La connaissance des moyens que les insectes mettent enusage pour se soustraire aux dangers qui menacent constam-ment leur existence , est une des parties les plus intéressantesde l’étude de ce s animaux.
La nature , toujours prévoyante et habile conservatrice deses oeuvres, n’ayant pas accordé aux insectes la force néces-saire pour résister à la rapacité de leurs nombreux ennemis,elle y a suppléé par une variété de moyens qui attestent, làcomme partout, la fécondité de ses ressources.
La célérité dans la fuite , l’astuce qui produit une illusiontrompeuse ou une aversion momentanée, garantissent le plussouvent ceux de ces animaux que les circonstances obligéesde leurs mœurs mettent dans l’impossibilité de la, défense.C’est ainsi qu’en établissant un ordre de dépendance néces-saire entre le plus fort et le plus foible ou le moins adroit,le juste rapport dans la propagation de tout ce qui est douéde la vie est assuré de la manière la plus admirable.
Nous ne pouvons mieux faire connoître ces moyens dedéfense que mettent en usage les insectes , qu’en parcourantdans chacune des classes les genres et les espèces qui nousoffrent à cet égard des particularités remarquables.
Le premier genre que nous observerons sera celui des opatres(pi. 1 3 , n.° 4), que Geoffroy nommoit ténébrions. Les deuxespèces qu’on appelle gris et sablonneux, se trouvent dans leslieux arides , couverts de sable terreux , d’argile ou de pous-sière : elles sont garanties par des élytres durs, qui, en se re-pliant sous l’abdomen, l’embrassent et le défendent. Leur cor-selet est échancré en devant pour recevoir la tête ; il est enoutre rebordé sur les côtés, ce qui lui donne une plus grande