prévoie les temps commodes pour voyager , on ne peutpas faire le commerce ; íì l'on ne détermine une fois la gran-deur du mois &: de Tannée , on ne peut ni établir d’ordrecertain dans les affaires civiles, ni marquer les jours desti-nez à l'éxercice de la religion : ainíì l'agriculture, le commer-ce , la politique, la religion même ne pouvant íè passerde Tastronomie, il est évident que les hommes ont esté obli-gez de Rappliquer à cette science dés le commencement dumonde.
L'histoire tant sacrée que profane confirme cette vérité.Ce qui est dit dans les livres sacrez des années qu'ont vécu lesanciens Patriarches, est une preuve certaine que les premiershommes obfervoient le mouvement des astres.Car s'ilsn’eufisent tenu un compte éxact du nombre des jours que dure lavariation des phases de la lune qui leur servirent à détermi-ner les mois ; &C du nombre des mois pendant lesquels le so-leil Rapprochant peu à peu du zénith, ÒC ensuite s’en éloi-gnant , fait la vicissitude de l'accroiífement Lc de la diminu-tion des jours,qui leur servit à déterminer la grandeur de Tan-née, ils n’auroient pu marquer le nombre des années que cha-que Patriarche a vécu, ni le temps de leur naissance & de leurmort,auísi précisément que Moïse Ta rapporté dans la Genefe.
Et certainement il falloit bien qu’en ce premier âge dumonde on eust observé les astres avec beaucoup d’applica-tion, puisque par les circonstances de Thistoire du déluge quifont aussi rapportées dans la Genefe, on voit que Tannée, désle temps du déluge, estoit réglée suivant les mouvemens dusoleil hc de la lune: ce qui suppose un nombre infini d’ob-fervations. Encore auroit-ou de la peine à concevoir com-ment avec toute Tapplication que Ton peut s’imaginer queles premiers hommes ayent eu à observer le ciel, ils auroientpu en l’eípace du temps qui s’est écoulé depuis la créationdu monde jufqù'au déluge , acquérir tant de connoistancedu mouvement des astres, si leur vie n'avoit pas esté plus lon-gue que la nostre. Mais Texpérience que leur donnoit la lon-gue durée de leur vie estoit un tres-grand avantage pour Ta-m, vancementde Tastronomie. Jofephe a estimé cette science finécessaire , qu'il n a pas fait difficulté de dire qu’une des rai-sons pourquoy Dieu accordoit aux premiers hommes une