Buch 
[1] (1836) Rome, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par D.-D. Farjasse
Entstehung
Seite
2
JPEG-Download
 

L’ITALIE .

servissent un jour contre les domina-teurs de l’Italie . C’est au sflffiinet qu’é-tait bâti le temple de Jupiter; qu’onsupposait veiller sur les destinées detous les peuples de la contrée voisine,comme l’atteste ce vers de Servi us :

Queis Jupiter Anxurus Arvis

Præsidet.

Ces plaines que protège Jupiter,

Anxurus.

Plus tard Théodoric , devenu maîtrede la plus noble partie du territoire ro-main, fit succéder au temple un palaisdont les vestiges se distinguent encore.Cette demeure était digne d’un princequi fut à la fois le devancier et le mo-dèle de Charlemagne .

Les édifices modernes de Terracine,construits au pied d’une montagne quis’abaisse vers la mer, sont d’un ensem-ble vraiment pittoresque. La ville con-tient cependant peu de monumens di-gnes d’attention : si ce n’est plusieursbelles colonnes cannelées de marbreblanc, qui proviennent cl’un templed’Apollon, et de quelques débris an-tiques. Les restes d’un ancien port,réparé par Antonin, sont aussi visi-bles -. ils attestent que Terracine a étéjadis le centre d’une navigation très-active. Lemôleme parutencore aujour-d’hui d’une surprenante solidité. Unsplendide palais, de vastes greniers etd’autres bâtimens construits par PieVI , prouvent l’ancienne prospérité deTerracine. Tout devait contribuera lalui assurer : un climat tempéré, une mertranquille, une nature riche et variée,et sa position au centre d’Italie ; aussi,dans les temps anciens, ce lieu était-illerendez-vous des voyageurs pendantlesbeaux jours de l’été. Souvent les poëtesl’ont célébrée dans leurs vers :

O nemus, ô fontes, soüclumque madentis arenseLittus, et æquoreis splendidus Anxur aquis;

Et non unins speetatov lectulus undæQui videt hinc puppes üuminis, inde maris.

O fontaine! ô boisl rivage au sable humide!Anxur, ville éclatante à fonde si limpide !

De son lit de repos, non loin du flot amer,

Le spectateur peut voir en un coup d’œil rapide,Là les bateaux du fleuve, ici la vaste mer.

C’est en ces termes que Martial faitallusion «à la situation de Terracine, età la pureté de ses eaux. Il dit encore,à l’occasion des retraites délicieusescreusées sur les bords de la mer :

Seu placet Æneia nutrix, seu lilia solis,

Sive salutiferis candidus Anxur aquis.

Soit que vous préfériez la terre où repose lanourrice d’Énée, les rives habitées par Circé ,fille du soleil, ou bien la blanche Anxur auxondes salutaires.

Le roc pyramidal de Terracine, dontj’ai parlé {Voyez PL 119), se nommePesculo ou Pesciomontano, il est isoléde trois côtés, et ne tient en quelquesorte à la montagne que par sa base. Ilfut taillé à pic comme une muraille, surune hauteur de plus de deux cents pieds.Yalerius Flaccus, censeur romain, con-çut le projet hardi de couperle promon-toire de Terracine sur toute sa hau-teur, et jusqu’au niveau du rivage dela mer, pour ouvrir une issue à la rouLede Naples , qui auparavant faisait ungrand détour. On exécuta cette gigan-tesque entreprise, en retranchant durocher une portion suffisante pour lepassage de deux chars : cette route faitsuite à la voie Appienne.

Sur la paroi du rocher où la coupeest faite, j’ai vu des inscriptions ouplutôt des cartels, qui, placés 1 un sur1 autre et de dix pieds en dix pieds,portent des chiffres romains à partir dunuméro X, et en descendant jusqu’aunuméro CXX. Voici, dit-on, à quelleoccasion ils furent cravés. Comme on

O

employait les deniers publics à lacoupe du rocher de Terracine , et