PRÉFACE
D E
L’ A U T E U R-
L y a déjà long-tems que l’on se plaind dans la Répu-blique des Lettres , de la multitude des Livres, dont oneft preíque accablé. Le Roi Salomon qui écrivit plus_ qu’aucun homme de soa tems, a dit, qtiil n’y a point
de fin à faire des Livres. Mais je voi que non obstant ces plainteson écrit toujours j & il y a beaucoup d’apparence qu’il en fera demême jufqu’au jour du jugement. Les uns se plaindront, les au-tres écriront,- les Imprimeurs imprimeront , les Libraires débite-ront, & les Curieux acheteront & liront. Après tout, pourquoiles derniers venus auroient ils les mains liées ? Pourquoi serions-nousobligez de nous contenter des écrits de ceux qui n’ont u d’autre a-vantage fur nous, que d’être venus au Monde avant nous. Les Scien-ces font un fonds riche & inépuisable; & ceux qui nous ont dévan-cé n’ont pas tout vû ni tout dit. Elles fe perfectionnent de Siécleen Siécle. Nous profitons de bons ouvrages des Anciens, qui nousont apris bien des choies, que nous aurions peut être éternellementignorées fans eux; & nous y ajoutons nos Découvertes, fur des Su-jets qu’ils ont ignorez. Ne peut on pas dire aussi qu’il en est á peuprès des Livres, comme des hommes qui les font. Les générationsíè succèdent & fe poussent mutuellement. Les uns entrent au Mon-de, & les autres en sortent pour leur faire place. Ainsi les Livresont aussi leur tems. Les uns entrent dans la Repubhque des Livres,par la publication, les autres en sortent par l’oubli & par le décri!
Et
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