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[Tome troisième - tome quatrième.]
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61L GEOGRAPHIE MODERNE Part. II. DE L’ASIE.

front à I’Occident, à Y Irak Arabi, l’an-cienne Chaldée , dont il est séparé en par-tie par les montagnes des Cour des, & enpartie par le fleuve du Tigre. C’est un paisía plupart désert, & inhabité; ou habitépar des peuples barbares, Turcomans &Gourdes , qui vivent fous des Tentes, &ne reconnoissent que foiblemet l’autoritédes Rois de Perse. Ce païs est le Courdi-Jìan Persen.

Les Courdes font un peuple particulier,dont j’ai déjà parlé ci-dessus; mais il nefera pas inutile d’en dire ici encore quel-que chose. ils ont leur langue propre,qui est différente du Turc Si de VArabe, &paroit 'être un Chaldéen corrompu. Lesuns habitent à la Campagne sous de Ten-tes, & les autres dans des villes. Ils sontsujets à divers petits Princes, dont les unsfont Indépendans ; les autres font Vassaux,ou des Turcs, ou des Perses. Ceux desVilles font profession de la religion Ma-hométane , mais les autres Mahométansn’ont pas trop bonne opinion de la puretéde leur foi. Dans la Ville de Ghezira, quiest située dans une Ile du Tigre, Sc appar-tient à un Prin ceCourde, & dans les Mon-tagnes, où ils font libres & indépendans,& où est en usage la langue Cbaldàtque , ilsont parmi eux grand nombre de ChrétiensChaldéens, Nestoriens & Jacobites, à quiils donnent pleine liberté de conscience.

Les Perses ont ruiné eux mêmes unepartie de ce pais, & Pont rendu désert,a-fin de íe fortifier par là contre les Turcs,qui leur ont enlève Bagdad, laquelle estdans ce voisinage.

COURMABAD, HARON-ABAD,& SAHANE', sont les principales villesde ce païs-là ; habitées par des Perses, Scpar des Courdes.

Vt. LES PROVINCES DU NORD.

H.v. Le Ghilan.

Le Ghilan ou Kil an est le païs des an-ciens Geles & Cadujìens ; c’est une petiteProvince ferrée entre des montagnes & laMer Caspienne ; bornée à l’Òrient par unerivière nommée Kifilo/ein, anciennementAmardus, qui la sépare du Tabrijlan.

RESCH P, fa Capitale est à deux lieues

de la Mer Cajpienne; elle est pauvrementbâtie.

H, VI. Le Tabristan.

Le Tabrijlan, o\xTaprìJlan, nommé aussiMazanderan, est le pais des anciens Tapu- Nom.res, dont il a retenu le nom, & fait avecle Corafan, partie de Pancienne Hyrcanie.

C’est le pais de toute lù Perse, qui est lemieux arrosé de rivières Sc de ruisseaux ,&ou les montagnes sont le plus chargées deforets & d’arbres frutiers. Ce pais <5t ce-lui de Ghilan sont abondans en viu., en Qualitez,manne, en cire, en miel, en figues, enhuile, en ris, en tabac, en divers bonsfruits, comme granades, citrons, oran-ges, &c. & en foie, qui est parfaitementbelle. Cette Province est dans une situa-tion toute semblable à celle du Ghilan, en-tre les montagnes & la Mer Caspienne.

L’air y est fort humide,& les pluies y sontfréquentes. Les habitans y sont extrême-ment civils, honnêtes & caressans enversles Etrangers; & les femmes, y ont plusde liberté'qu’ailleurs, pouvant paroitre enrue avec le visage découvert,& parler auxhommes, ce qu’elles font avec beaucoupde grâce ; tellement que si leurs pères lesanciens Hyrcaniens ont eu les mêmesmœurs, on leur a fait grand tort dans l’Oc-cidenr, de les, dépeindre comme des Ty-gres & des bêtes féroces. Le Roi Abas [.qui reguoit il y a cent ans, a pris grandfoin de peupler cette Province, qui étoitinculte & à demi-descrte ,& y a fait passernombre de familles étrangères qu’il a ti-rées d ’Arménie & de Géorgie & des monta,gîtes voisines.

FERHABAD la Capitale> bâtie parAbas I. est une grande fille à deux millcsFeth-abadde laMer Caspienne; son nom lignifie Cs-Capir.Ionie d'alegrejjé. Elle est extrêmement gran-de, & un voiageur, qui l’a vue, la com-pare à Rome & à Conflantinoplc pour la gran-deur : & dit qu’il y a plusieurs rues, quiont une lieue de long. Les habitans sontla plupart Mahométans, mais il s’y trouveaussi nombre de Chrétiens, Arméniens, Géor-giens, & autres, qui ont entière liberté de J;conscience.

ESCREF, ou ASCHARAF, est uneville médiocre, à 6. lieues de Ferhabad, à

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