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[Tome troisième - tome quatrième.]
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776 GEOGRAPHIE MODERNE. Part. UT. DE L’AFRIQUE:

Çon'H'ne peu de gens ont été dans cespaïs-là, aussi n’en est on pas informé bienexactement. I] y a même tant de diversi-té, ou plutôt tant de contradictions'entreles Relations de ce peu de Voiageurs quivont été, & qui en ont écrit, qu’on ne faità quoi s’en tenir; ce qui est fort désagréa-ble pour un homme, qui aime la vérité,& qui voudroit aquerir une connoissanceexacte de l’état des choses. Danscettedi-verlìté de relations, le meilleur parti q u’ily ait à prendre, à mon gré, c'est de íuivreles Auteurs les plus nouveaux, qu’on peutíuppoíer avoir profité des lumières de ceuxqui les ont précédé, & avoir pu par con-séquent rectifier leurs- fautes. C’est aussile parti que je prendrai , & j'avertis monLecteur que les Cartes de Monsieur De Lileme serviront de guide.

Sotnc». i. Le Monòmitapa donc est un grand Em-pire , qui est environné du païs des Caffresau Couchant,auMidi & à l’Orient ; maisau Septentrion il est borné par les Etats duMonoëmughi , dont ilest séparé par ces hau-tes montagnes, qu’on appelle les Monta-gnes de la Lune.

Siiuation. 2 . Il est situé entre le 38. & le ft degréde longitude, ct entre k 13. & le xZ. degréde latitude Méridionale. Sa longueur del’Occident à l’Orient est de z$o. lieues, &fa largeur de zoo. lieues.

Rivicici. 3 - Dans la partie du Nord il est arrosépar un grand nombre de rivières, grandes& petites, qui le jettent toutes dans le Zam-bere. Les plus considérables sont,auNordd u Zambere , ce! les de Mangama & de Suabo,qui viennent du Monoëmughi •, & au Midicelles de Eucuta , de Maz,enu ,, à'inadire,à.

Mais la plus considérable de tontes estle grand fleuve du Zamb re , ou de Coua-ma , qui afa fourcedans its MontagnesduRolaume ou de la Province de Butua. IIcoule d’abord au Septentrion , & delà iltourne au Sud Est, portant le nom deZambere ou d’ hmpondo. Ensuite il entredans le païs des Cafres.où il prend le nomdp Couama, ct le jette dans l’Gcean parcinq branches, dont la plus Septentriona-le porte le nom de Quilrmane , & la plusMéridionale, celui d e Ltiabo.

»i r , 4 D a ' r P s ‘is là est par tout fortÍaiíi & tempère , ce qui est allez, surpre-

nant, vû sà situation si près de îa Ligne,

& dans- le Cœur de Y Afrique ; mais il kfaut attribuer aux montagnes dont k païsest parsemé, & aux rivières dont il est ar- -rosé.

f. Le terroir y est fort fertile, & pro-Terroir,duit abondamment du blé, des fruits .ex-cellents , & des cannes de sucre. II y aaussi beaucoup de bons pâturages, & pardessus de cela quantité d’or & d’yvoire.

L’or se tire non seulement des mines, quifont dans les montagnes, maïs aussi desRivières , qui en entraînent dans leur fa-ble,tellement que \e.Mvmmntapa estlepaïsle plus riche & le meilleur de toute Y Afri-que. Aussi ya-ssil des Auteursquiont cru.que c’éioit VOpbir de Salomon ; mais pourétablir ce sentiment il faudroit prouverque les Vaisseaux de Salomon pouvoientnaviger sur terre: ou d u moins que le Mo-nomotapa s’étendoit de son teins jusqu’àl’Ocean. On y a des bœufs ct des vaches,mais point de chevaux. Les Campagnesnourriiíent quantité d’autruches & d’éle-phans, des dents deíquels on fait un grandcommerce. Le bois y est fort rare, ct l’onse sert dans les cuisine, de la fiente des bê-tes & du chaume du ris.

6 Les peuples font noirs, mais bien faits> _ I;la rail le bien proportionnée. 11s vont tous u situes.nus jusqu’à la ceinture; ils se couvrent latête & le bas du Corps, d’une piceede toi-le ou d’étosse, ou de quelque peau de bê-te. 11s ont l’eíprit industrieux, & tournéà la guerre, où ilsrciissillent bien. Leursarmes font la lance , la zagaie ou petitepique, l’arcct la flèche, dont ils fe ferventavec beaucoup d’adresse. Les femmes s’yexercent aux armes aussi bien que les hom-mes , & íònt capables de faire tête à unennemi; & les uns & les autres patient pourêtre íï courageux-, qu’ils ne lâchent jamaisle piédans un combat, mais qu’ils font fer-me jusqu’à vaincre ou mourir. Aussi ontils beaucoup de considération pour lesfemmes. 11s lbnt íï legers à la course,qu’ils peuvent suivre facilement un chevalqui galope. On les accuse d’avoir l’espiïtremuant, &ée se lassier facilement porterà la sédition & a la révolté, aussi 1 e Roileur tient il k bride tort serrée, & il agrand loin de prendre toutes les précau-tions possibles,, pour empêcher ks fouk-

vemens.