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[Tome troisième - tome quatrième.]
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Chap. XIII. DE L’ETHIOPIE OU L’ABYSSINIE. 78y

il en fait une presquile,la bordant de tou-tes parts, exceptéau Nord. On y voit

SACALA, près de la source du Nil,Miné, fur le Nil, Agag, Maranma , Am-bian , Sefila &c. .

VI. Amara à rOrient de Gotame & auMidi de Bagemder, est une fort grande Pro-vince , placée presque au centre du Roi-aume. -Elle est partagée en vint Gouver-nement. On y remarque

AMARA petite ville dans les monta-gnes , où il y aune puissante Forteresse,dans laquelle on retient les Princes du sangRoial, comme dans une honnête prison ,fous le spécieux prétexte de les enseigner& de leur donner une bonne éducation.Cependant quelques Auteurs nouveauxprétendent que cet usage est aboli. LaMontagned'Awaraeii extremement haute.

F U NGI est une ville forte, au bordd’unpetit Lac du même nom.

BELEGLANZE, Capitale d’an Gou-vernement est grande & bien peuplée. Ses- liabitans mangent la chair toute crue.

VIÍ. Ximenche est au Midi de la Nubie,c’est un grand païs, arrosé d’un petit Lac.Amasan AMAS AN , ou AMASEN la Capi-

cap*t. taie est une fort grande ville, au bord dece Lac.

SYRE, ou SYRO est au bord du mê-me Lac.

V JII. Narea ,au coin du Sud-Ouest, estun grand pais montueux, où il y a deshabitans fort sauvages.

Gtands Les autres Provinces font Gafat, Oleca,connuT* Choa, Ifiit , Dawáro, Gan, Damot Contch,auprès de Gnrague , Ogge , Fatagar, ou Fatignra, tìalli,nous. &c. Ce font de grands païs, qui ont tousdes Capitales du même nom. Mats com-me ni les Cartes ni les Relations ne foutpas d’accord ni fur le nombre, ni fur lasituation , ni fur Ie nom même de ces Pro-vinces, je n’en ai voulu mettre ici que lepeu qu’on vient de voir, de peur de metromper.

Religion. Les Abyssins font Chrétiens, suivant,dtsAbys- e n beaucoup de choses, le rite Grec,maisns ‘ leur Chrisiianiíme est fort corrompu, &mêlé de beaucoup d’erreur & de quelquelevain de Judaïsme. Ils disent qu’íls re-çurent autrefois la Religion Judaïque du filsd eSalomon & de la Reine deSaba, & qu’ílsy persévérèrent jufqu’au tems de l’Eunuque

de la Reine Candace , dont il est parlé au §Chap. des Aéles, qui aiant été converti parS. Philippe , convertit aussi leur Nation.Mais il y a bien de l’incertain en tout ce-la. Si nous en croíons Pline, ils étoientencore Paiens longtems après levoiagedecet Eunuque ; & l’histoire Ecclésiastiquenous aprend qu’ils furent convertis au Chri-stianisme par Frumewtius , qui fut établi leurEvêque par S. Athanase Patriarche d'Alexan-drie dans le IV. Siécle. De là vient qu’ilsont toujours été soumis pour le Spirituelaux Patriarches dé Alexandrie. Ils oncnéanmoins leur Archevêque ou Métropo-litain , qui est le Chef de tous les Ecclé-siastiques du Roiaume. Leur Clergé estfort nombreux ; les Prêtres ont la libeîtéde fe marier, mais une fois seulement. IIy austì un nombre iucroiable des Moines.& austì grand nombre d’Hermites, qui vi-vent dans les déserts avec beaucoup d’au-stérite. Les Abyssins ont retenu du Judaïs-me l’abstínencedu porc, la circoncision &l’obí'ervation du Sabac , lequel ils obser-vent téligìeufemenr avec le Dimanche. Ilscirconcisent les garçons & les»filles, maisils prétendent que cette pratique n’a aucunraport à la réligion. Ils font extrêmementdévots; n’entrent dans les Eglises quenudspiez ; & ils fe fout un devoir presque in-violable de n’y aller jamais fans y porterquelque présent. Les pauvres l’obferventaussi bien que les riches, & une pauvre fem-me qui n’avoitrien pour offrir, y porta unjour un petit chat, disant qu’il i'erviroit àprendre les souris de l’Eglife, & qu’H é-toitde fort bonne race. 11s lisent les S.S.Ecritures, & reçoivent avec elles pour Li-vres Canoniques & Divins les Canons Ules Coxslitttiions qu’on appelle des * Apôtres.Ils observent le Carême, & le commen-cent dix jours plutôt que l’Eglife Romai-ne, parce qu’ils ne jeûnent jamais ni le Sa-medi ni le Dimanche, retenant encore encela l’ancien usage de l’Eglife. Plufìeuis^abstiennent en ce tems là de manger dupoisson , par la raison que le poisson estaussi de la chair, suivant ce que dit S. Paul,

i.

* Monst- Wbijlm Philosophe Anglois a fait tout nou-vellemenc un. ouvrage , pont prouver que ces deu*pièces font verirabiement divines, A il s'appuie enrr'uu"tres fin ïc Bcrooignage tie r£«Usc Ethiopique.

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