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[Tome troisième - tome quatrième.]
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ílabitans.

840 GEOGRAPHIE MODERNE Part. IV. DE L’AMERIQUE.

gue d’en conserver la mémoire à la posté-rité, pour lui servir d’exemple; ilsavoíentramaísé les têtes des hommes sacrifiez, &les avoient placées entre les pierres d’uneespèce de theatre, drcíïé vers legrand tem-ple du Mexique. Les Espagnols , qui arri-vèrent les premiers dans le Mexique, aianteu la curiosité de compter ces têtes, entrouvèrent jtisqu’à trente six mille. Cegrand Temple de Mexique étoit d’ailleursde la derniere magnificence , il y avoirordinairement cinq mille personnes entre-tenues. pour y servir. Ils avoient aussi u-ne espèce d’oracle , St leurs Prêtres leuravoient prédit, quelquetems avant Pin va-iron des Espagnols, qu"an jour leur païí sc-roit pris par des Etrangers , barbus & ar-mez, qui viendroient du côté d’Orient.

Aujourd’hui étant soumis nu x Espagnols,ils suivent la réligion de leurs Maîtres, dumoins en apparence , car, comme nousl’aprenons de quelques Ecrivains Catholi-ques *, ” ils ont bien de la peine à croire ce"qu! surpasse les sens. Les Mystères de la"Réligion font trop relevez pour eux: &"quand on leur demande s ils croient un"Dieu en trois Personnes, Jésus Christ né"d’une Vierge, & la réalité de son Corps"dans îeSacrement de P Autel ; ils répon-’’dent toujours que cela peut bien être, mais

jamais affirmativement. Cette ignorance”ne les empêche pas d’être fort exaéts au” Service Divin , & qu’ils ne se faflent un"point d’honneur, d’avoir un tableau dans" l’Eglise , devant lequel ils offrent plu-

sieurs cierges; &qu’tls ne fassent souvent"de bonnes offrandes à l’Egl'isc&à leurs"Curez, qui les ont instruits, & les entre-" tiennent dans cette espèce de Simonie.

On distingue trois sortes d’habitans dans\e Mexique; les naturels originaires du pai s;les natifs du pais, maisd’orígine Ejpagnole ,q u'on nomme Crioles; & les Espagnols ve-nus d 'Ejpagne. Ces derniers occupent tousles bénéfices, & remplissent toutes les di-gnitez dePEglife, tant grandes que peti-tes. Les Crioles font exclus de tout, &les Espagnols affectent de les tenir bas, par-ce qu'011 craind qu’ils n’infpirent aux natu-rels le dessein de secouer le joug de la do-mination Ejpagnole; laquelle les uns & les

» Robbe , Gcogt, Tom, 1. z>.3 i<r, & ;r 7 .

autres haïssent également. En effet lesD.spagnols prennent là une route merveilleu-sement propre pour se faire haïr.

Les Mexicains naturels font d’une hu- & 0 ^ r t smeut assez douce ; & d’un esprit souple; ^industrieux, & inventifs; propres pour lessciences & pour les ouvrages de main. Onvoid en eux le caractère général de presquetous les Américains, qui est, d’êrre ami à quiles aime ; & ennemi de qui les maltraite:fidèles & complaisons pour ceux qui leurfont du bien; & vindicatifs & implacablesà quiconque leur à fait quelque mal. 11s n’a-voient pas fustige de récriture, avant l’in-vasion des Espagnols , mais ils peignoienten diverses façons les choses qu’ils vou-loienc faire connoitre à des personnes éloi-gnées, & ces peintures leur tenoient lieude lettres. Lors que bernanâCortex, fut ar-rivé avec fa flore dans un porc de la Pro-vince deTlafeala , l’an 1519 celui qui com-mando!! cette Province pour le RoìATcíí?.zum.%, envola un drap de laine à son maî-tre, où il lui avoît peint ces Etrangers, Taforme de leurs habits, de leurs armes, deleurs chevaux , & de leurs navires. Au-jourd’hui encore ces peuples peignent fortbien, & fontde jolis tableaux avec les plu-mes de ces petits oiseaux, nommez Gincom,dont j’ai parié ci dessus; lesquelles ils sa-vent fi bien raporter & joindre ensemble,qu’elles font des nuances de diverses cou-leurs, d’une beauté admirable. Ils réus-sissent auffì fort bien dans les ouvragesd’orfevrerie, comme aussi à jouer des iu-slrumens de Musique. Ils n'oiit plus riende sauvage, & vivent tout comme les E.

Jpagmls.

II en faut excepter ceux qui fe tiennent 1dans les montagnes, qui 11’ont point étésoumis par les Ej'pagnols; qui conserventencore leurs mœurs anciennes, étant sau-vages , cruels , & fe nourrissant de chairhumaine. Les Ej'pagnols les appellent In-dies bravos ; il y en a encore diverses peu-plades astez nombreuses ; particulièrementdans les montagnes, qui font uu voisinagede la Preíquile de Jncntan.

Comme les Espagnols , qui habitent ceRoiaume, font généralement riches, auffìfont ils fr' rt luperbes dans leurs habits &dans tout leur équipage. 11 n’y a pas jus-qu’ aux Artisans & gens de métier, qui 11e

pot-