Chap. IV. DE LA FLORIDE. 847
venir à leurs divers besoins. Depuis cetems-là ces Colonies de la Caroline se sontaugmentées considérablement ; & mêmeun grand nombre d?Anglais s’y font allezétablir , attirez par la douceur de I air,par les richesses & par la beauté du pais.On y a fait des plantations de divers fruitsutiles à la vie; on y a du ris & des foies,qui ne cedent en rien à celles de l’O-.rient. On y a même planté des palmiersvenus de la Guinée. On y a trouvé lesecret d’emploier le ris à un double usa-ge, à en faire du pain & de la boisson:on y fait aussi du Salpêtre. Oq prétendaussi y avoir trouvé un souverain re-mede contre la Colique, la gravelle & lapierre. C’est une espèce d’ambre gris, queles índiensdt ce païs-là débitent, & dontilsse servent comme d’un excellent Cordial,& un remede universel.
Ces Colonies nouvelles se sont établiesle long de la Rivière de Port-Roial-, aprèsque ceux qui l’ont les premiers navigée .«urent raporté que tout le pais d’alentourest d’une beauté admirable. On trouve dansle voisinage de cette rivière toute forte degibier; des oranges, citrons, figues, rai-sins , h plusieurs autres sortes de bons fruits.JLe bétail y est excellent.
Les Indiens de ces Quartiers-là, n’ont riende la rudefíe & de la barbarie des autres.Ils font bien faits, doux, affables, indu-strieux; & vivent bien avec les habiransnouveaux venus.
Les Principales Places de la Carolinefont
CHARLESTOWN,ou CHARLES-FORT, CAROLINE, & PORT-ROIAL.
La Navigation de la Rivière de Port-Roial est fort douce & fort agréable, parceque tous les jours il fe léve un petit ventd’Est, contraire au courant de cette riviè-re, qui dure 3 ou 4 heures, quelquefoismême un jour entier, tellement qu’eliepa-roit toujours égale.
rifiie Septentrionale , qui est entre la Floride& le Détroit deHudfon;ce qui fait une pro-digieuse étendue de païs, & qui paroitroitencore plus grande, si l’on en connoifîoicles bornes à l’Occident.
Il s’étend depuis le 33. degré de latitudejusqu’au 63. ce qui fait une étendue de 30.degrez ou de 600. lieues : mais comme sesbornes font inconnues à l’Occident, onne peut pas déterminer l’étcnduë de ce païs-là en longitude,tout ce qu’on en connoit,est entre le 2S0. & le 310. degré; ce quifait une longueur de 40. degrez.
Deux puifsans peuples de l 'Europe, lesFrançois & les Anglais, ont occupé toutesles Côtes du Canada : les Sauvages, habi-tans naturels du païs, partagez en diverspeuples,possèdent tout le reste: c’est pour-quoi on peut partager tout le Canada endeux parties générales, le Canada François ,& le Canada Anglais. Et comme ma mé-thode est d’aller en avançant du Midi auNord, je commencerai par le dernier.
Article I.
Du CANADA ANGLOIS.
Ce que les Angloìs postedent dans le Ca-nada s’étend entre le 33. & le 46. degré delatitude, du Sud au Nord, le long des cô-tes de la Mer du Nord: 11 est borné auMidi par la Caroline, à l’Orient par la Merdu Nord ; au Septentrion par la Provincedu Canada propre, & à l’Occident par despeuples sauvages de la Louisiane. 11 a en-viron íso. lieues de long, fur fo. delarge.
On peut Iè partager en cinq Provinces ; Binsioa.dont voici l’ordre duSud au Nord, \z.Vtr-ginie, le Mari lan d , la Nouvelle Suede faNouvelle Tork, & la Nouvelle Angleterre-auxquelles il en faut ajouter déformais unesixième, savoir VAcadie; que la France adû restitu er à la Couronne Angleterre parla paix à Utrecht. * ^
chap. v.
Section j.
D.h CANADA.
De la VIRGINIE.
O n comprend sous le nom àe-Canada, La Virginie, autrefois apèlée ApaUhc, a p-généralement tout le reste de r Ame- partient aux Anglois , depuisque Richard.
Gren -