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[Tome troisième - tome quatrième.]
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t 4 6 GEOGRAPHIE MODERNE. Pa-r*. IV. DE L’AMERTQpE.

ils se croioient abandonnez. Leur Navi-gation fut très-fâcheuse, & les vivres ve-nant à leur manquer, ils fou fr ire n t une sicruelle famine qu’ils furent obligez de ti-rer au fort pour savoir celui qui feroit man-gé le premier. Le fort tomba fur celuiqui avoit été le plus ardent à exciter le sou-lèvement.

En 1564. René Laudonniére alla dans laFloride Françoise & rétablît le Fort de la Ca-roline; mais les Castillans jaloux de ce queles François s’établissoient si près de la Nou-velle Espagne , vinrent les surprendre &les mirent en fuite. Laudonniére se sau-va avec peine, mais l’infortuné liibaudcpsiétoit retourné dans la Floride fut pris & é-chorché tout vif par les sauvages,. ct tousleurs gens furentptndus. Cette action bar-bare anima le zele de Dominique de Gour-gues , du Mont de Marsan en Gascogne , quirésolu d’en tirer raison, arma un vaisseauà ses dépens & pasia en 1567. dans la Flo.ride Françoise, accompagné de iso. soldats& de 80. matelots. Aidé par les naturelsdu pais chez qui l’inimitié des Espagnols luitenoit lieu d’un grand mérité, il reprit leFort de la Caroline &. de ux autres Forts queles Espagnols avoient construits-, & dont ilprit les garnisons qu’íl fit pendre aux mê-mes arbres où les François avoient été at-tachez. Gourgues aiant exécuté cette ven-geance > revint dans fa patrie, où les Es-pagnols avec qui on étoit alors en paix, lepoursuivirent chaudement, & il eut bien dela peine à éviter sa perte qu’ils demandoientavec instance pour satisfaction des mauxqu’il leur avoit faits. Ce païs-là aiant éténégligé depuis l’an 1585. les Espagnols seremirent ensuite en possession de ce pais,qu’ils conservèrent jusqu’en 1663. stu’sts5'en virent dépouillez par les Anglois, quiles obligèrent peu à peu de leur abandon-ner les côtes jusqu’au dessous de la rivièrede Mai. Charles 11 Roid’ Angleterre en donnala propriété à quelques Seigneurs, dans lamême année, entre lesquels étoit IeLordAshle y, Comte de Schastsbury , & GrandChancelier à?Angleterre-, qui drelía les Con-stitutions fondamentales de ces Colonies.Ces Constitutions font tout à faítdignesderemarque. On y voir entr’autres qu’ellesdonnent une entière liberté de conscienceà tous les habitans du pais, tant originai-

res qu’advenaires : Qu’áinfi sept personnesan moins, d r accord ensemble pour unecertaine religion,.pourront former uneE-glífe,ou une Profession, à laquelle ils don-neront un nom ,pour sc distinguer des au-tres.- Que dans les conditions, auxquel-les chaque Eglise recevra quelcun en íaCommunion, il y aura au moins les troisArticles suivans, fans lesquels aucune as-semblée, sous prétexte de Religion,ne fe-ra censée une Eglise: C’est.

Qu’il y a un Dieu.

Que ce Dieu doit être servi publique-ment.

Qu’il est du devoir de-chacun, qui seracité par le Gouvernement, de rendre té-moignage à la vérité;& que chaque Eglisemarquera les termes , dans lesquels ellerend témoignage à la Vérité, en présencede Dieu, soit en mettant la main sur la Bi-ble, ou la baisant comme dansl’EgJise/í»*gheane , ou en levant la main, ou en fai-sant quelque autre ligne sensible.

Ces Loix font exactement observéesFan 1-704. un Gouverneur de la Caroline,les aiant violées, en excluant des emploispublics ceux-, qui'n’étoiem pas de l’EglifeAnglicane: les Non-Conformistes; qui fontle plus grand nombre des habitans ,s’en plai-gnirent au Parlement d’ Angleterre ; & leParlement condamna la conduite du Gou-verneur, & cassa tout ce qu’il avoit fait.

Dans les années 1699. & 1700. plusieursfamilles Protestantes de Réfugiez François& Faudois, chassées de leur païs par la per-sécution , cherchèrent un azile en Angle-terre, On en envoia plusieurs centainesdans la Caroline, pour y faire de nouvellesColonies. Au mois.d’Avril 1700. il y eutcinq cens François Réfugiez, qui s’embar-quérent à Londres , pour la Caroline, fousla conduite de M. le Marquis de la Musse& de M. de Sailly-, la plupart laboureurs& gens de métier, avec un Ministre gagépar le Roi de la Gr. Bretagne. On avoitfait à Londres une Collecte de 3000. livressterling en leur faveur, laquelle leur futdistribué pour leur aider à s’établir. II s’enfit encore un autre embarquement à Lon-dres áu mois deDecembre de la même an-née; & sc à Roi Guillaume III. de glo-rieuse mémoire, fit distribuer aux uns &aux autres 6000, livres sterling, pour sub-venir