Chap. VI. DE L’AMERïQUE MERIDIONALE. 8S5
gouvernement, & d’autres n’ont ni-loix,
. ni conducteurs.
Rciijton. j] y en a q U ; n ’ ofu at jcune apparence dereligion > mais la plupart font idolâtres.Ceux qui se trouvent soûmis à ladomina-tion des Espagnols St des Portugais, suivent.la Religion de leurs Maîtres, ct font Catho-liques Romains: ctces deux Nations y en-tretiennent toujours bon nombre de Mis-sionnaires, pour travailler à la conversionde ces Idolâtres.
Rjylcrcs. L 'Amérique Méridionale est arrosée d’un
très-grand nombre de Rivières, très-con-siderables par leur grandeur & la longueurde leur cours, entr’autres, trois, qui cou-lent,
Une, au Nord, VOrenoqtte.
Une, àl’ûi ient, celle des Amazones.Une, au Midi, celle de la Plat a , oude l’Argent.
Je les décrirai dans la description parti-culière des païs qu’elles arrosent.
Division. On divise V Amerique Méridionale en Huitprincipales parties , sept le long des côtes,& une au centre du pais.
I. La Terre-Ferme , située le long des
côtes du Nord.
II. Le Perou , au Midi de la Terre-ferme,le long des côtes Occidentales.
III. Le Cbìli, fur les mêmes côtes auMidi du Perou.
IV. La Terre Magellanique , qui remplittoute la pointe Méridionale àel'Amérique,d’une Mer a l’autre.
V. Le lucwman , entre le Chili Sc laRi-
viere de la Plata.
VI. Le Paraguay , fur les côtes Orien-tales, au Nord-Elt de la Magellanique.
Vil. Le Brésil, qui occupe les mêmescôtes Nord &Ést, au Nord du Paraguay.
VIII- Le païs des Amazones, qui est aucentre de Y Amérique, & qui en comprendtout Pintérieur.
On pourroit réduire toutes ces huit par-ties à trois, plus générales encore, savoir
1. Les païs de la domination Espagnole.
2. Les païs de la domination Portugaise *Z- Les pais libres.
Mais comme les parties de cette divisionne font pas bien proportionnées,& que «Rail-leurs il y a des peuples libres dans tous lespaïs qui dépendent des Espagnols « 5 c des
Portugais, nous nous en tiendrons à lapré-ìniére.
La Province de TERRE-FERME.
Les Espagnols ont donné le nom deTér-Namre-ferme à cette Province , par oppositionaux Iles de l’ Amérique , parce que les Ilesfurent les premières qu’ils découvrirent,
& qu’après les avoir découvertes il trou-vèrent ensuite les côtes de ce vaste Con-tinent.
Cette Province comprend toutes les cô-Bome*.tes Septentrionales, qui font au Nord del’Equateur, & toute l’étenduc du ressortde la Chambre de Panama. Elle est bornéeau Nord & à P Est par la Mer du Nord, àl’Ouest par la Mer Pacifique, au Midi parle Perou, & le païs des Amazones.
Elle s’étend depuis le 293. degré de Ion- x.mà'.gkude, jusqu’au 328. ce qui fait une lon-gueur de 700. lieues du Couchant au Le-vant ; & depuis le 13. degré de latitudeSeptentrionale, jusques fous la Ligne, &
2. degrez au delà; ce qui fait une largeurde iy degrez ou de 300 lieues, du Nord auSud; mais elle n’a pas par tout la mêmelargeur-
L’air y est extremément chaud, comme Ait*on le peur facilement juger; & la chaleury feroit insupportable, si elle n’étoit unpeu temperée par les vents du Nord. Ce-pendant il y est assez sain, si ce n’est enquelques endroits de P 1 st b me de Panama ,où il est fort humide, parce que le terroir estentrecoupé,de mai êts & d’eaux bourbeuses,
& croupissantes. Les pluies commencentau mois d’Avril ou de Mai , & font ex-tremément violentes , durant les mois deJuin, Juillet & Aout. 11 fait alors fortchaud, par tout où le Soleil peut dissiperles nuées, parce qu’il ne fait aucun vent,pour modérer fa chaleur. Vers le mois deSeptembre , les pluies commencent à di-minuer , ct ne cessent entièrement qu’enNovembre, ouDecembre, ct quelquefoisvers la mi-Janvier feulement. Dans cepaïs là le tems le plus frais est environ
Noël, qui est le commencement de la bel-le íàifon.
Le terroir y est généralement fort bon, Terroir,fertile en maïs, ct en divers fruits excel-leras , abondante en pâturages , où PonRrr r r nour-