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Les fiwans n’étaient plus ceux que Fonte-nelle avoit loues ; ce n’e'taient plus des hommesqui, folilaires au milieu de Paris, aimaient,comme des Billettes, le bien public jufqu’ à laJTuperftition ; avaient, comme Parent et l’Hôpi-tal, befoin qu’on écrivit leurs penfe'es, fe paf-lionnaient pour un problème ou pour un fait,et e'taient completlement etrangers à tous leshommes, «à tous les evenemens, à toutes leschofes qui n’avaient pas des rapports directsavec l’unique objet de leur affection. Le publicne reffemblait pas à celui qui écoutait Fonte-nelle: c’étaient pour la plupart des individusqui aimaient les fciences ou parodiaient les ai-mer, qui connoiffaient leur langue refpecdve,et qui recherchaient la fociete' des favans. Dutemps de Fontenelle, l’abbe Gallois répondaitavec le refpect la familiarité de Colbert; dutemps de Condorcet, Guettard était l’ami deMalsherbes: aind, le charme des eloges deFontenelle ne peut fe trouver dans ceux deCondorcet.