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Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / ouvrage posthume de Condorcet
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tère, pouvait, sil eût embrafle leur parti , ré-tablir léquilibré ou même faire pencher la ba-lance en leur faveur; mais cet homme, quilsavaient nomme' miniltre de la juRice [après le10 août, navait pu fympatifer avec Rolland,qui joignait à fes grandes qualités beaucoup depréventions et de pre'tensions, dont laufte'rité9 emportait contre tout ce qui n était pas dunemoralité fe'vère, qui ne pardonnait jamais lacontradiction et qui enfuite rejettait avec aigreurtout ce quil navait pas propofé lui même. Ainfi,Danton était haï par lun des partis, tandis quelautre le careflait, parce qu il avait befoin cl unhomme qui pût lui fournir des vues et le fùute-nir à la tribune lorsquil lui arrivait dy êtrebattu. Danton fe maintenait dans une fortede neutralité armée; il défendit Rolland et Ma-rat, mais en exagérant les défauts du premier eten affaibliflant ceux de lautre.

Condorcet parlait avec eftime des qualitéset des talens de Danton et ne cachait pas les de-fauts de Rolland : il eût voulu éclairer fes amis ;