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tion des progrès que les sciences, que la civilisationont faits jusqu’ici ; dans l’analyse de la marche del’esprit humain et du développement de ses facultés,les motifs les plus forts de croire que la nature n’ amis aucun terme à nos espérances.
Si nous jetons un coup-d’oeil sur l’état actueldu globe, nous verrrons d’abord que, dans l’Eu-rope, les principes de la constitution françoise sontdéjà ceux de tous les hommes éclairés. Nous les yverrons trop répandus, et trop hautement professés,pour que les efforts des tyrans et des prêtres puissentles empêcher de pénétrer peu-à-peu jusqu’aux caba-nes de ieurs esclaves; et ces principes y réveillerontbientôt un reste de bon sens, et cette sourde indigna-tion que l’habitude de l’humiliation et de la terreurne peuvent étouffer dans l’ame des opprimés.
En parcourant ensuite ces diverses nations, nousverrons dans chacune quels obstacles particuliers s’op-posent à cette révolution, ou quelles dispositions lafavorisent; nous distinguerons celles où elle doit êtredoucement amenée par la sagesse peut-être déjà tar-dive de leurs gouvernemens, et celles où, rendueplus violente par leur résistance, elle doit les entraî-ner eux-mêmes dans ses mouvemens terribles etrapides.
Peut-on douter que la sagesse ou les divisionsinsensées des nations européennes, secondant les ef-fets lents, mais infaillibles, des progrès de leurs co-