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lonics, ne produisent bientôt l’indépendance du nou-veau monde ; et dès-lors, la population européenne,prenant des accroissemens rapides sur cet immenseterritoire, ne doit-elle pas civiliser ou faire dispa-roître, même sans conquête, les nations sauvagesqui y occupent encore de vastes contrées?
Parcourez l’histoire de nos entreprises, de nosétablissemens en Afrique ou en Asie, vous verreznos monopoles de commerce, nos trahisons, notremépris sanguinaire pour les hommes d’une autre cou-leur ou d’une autre croyance, l’insolence de nosusurpations, l’extravagant prosélytisme ou les intri-gues de nos prêtres, détruire ce sentiment de respectet de bienveillance que la supériorité de nos lumièreset les avantages de notre commerce avoîent d’abordobtenu.
Mais l’instant approche sans doute où, cessantde ne leur montrer que des corrupteurs ou des tyrans,nous deviendrons pour eux des instrumens utiles, oude généreux libérateurs.
La culture du sucre, s’établissant dans l’im-mense continent de l’Afrique, détruira le honteuxbrigandage qui la corrompt et la dépeuple depuisdeux siècles.
Déjà, dans la Grande-Bretagne, quelques amisde l’humanité en ont donné l’exemple; et si son gou-vernement machiavéliste, forcé de respecter la raisonpublique, n’a osé s’y opposer, que ne doit-on pas