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Mais en supposant que ce ternie dût arriver, iln’en résulterait rien d’effrayant, ni pour le bonheurde l’espèce humaine, ni pour sa perfectibilité' indéfi-nie; si on suppose qu’avant ce temps les progrès dela raison ayent marché de pair avec ceux des scienceset des arts, que les îidicules préjugés de la supersti-tion ayent cessé de répandre sur la morale une aus-te'rite' qui la corrompt et la dégrade au lieu de l’épu-rer et de l’élever; les hommes sauront alors que, s’ils ont des obligations à l’égard des êtres qui ne sontpas encore, elles ne consistent pas à leur donner l’ex*îstence, mais le bonheur; elles ont pour objet lebien-être général de l’espèce humaine ou de la so*ciété dans laquelle ils vivent; de la famille à laquelleils sont attachés; et non la puérile idée de charger laterre d’êtres inutiles et malheureux. Il pourrait doncy avoir une limite à la masse possible des subsistait*ces, et par conséquent à la plus grande populationpossible, Sans qu’il en résultat cette destruction pré.maturée, si contraire à la nature et à la prospéritéSociale d’une partie des êtres qui ont reçu la vie»
Comme la découverte, Ou plutôt l’analyse ex-acte des premiers principes de la métaphysique, dela morale, de la politique, est encore récente, etqu’elle avôit été précédée de la connoissance d’ungrand nombre de vérités de détail, le préjuge' qu’el-les ont atteint par-là leur dernière limite s’est facile-
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