( 380 )
nement indéfini, et que Ja nature lie, par une chaîneindissoluble, la vérité', le bonheur et la vertu?
Parmi les progrès de l’esprit humain les plusimportans pour le bonheur ge'ne'ral, nous devonscompter l’entière destruction des pre'juge's, qui ontétabli entre les deux sexes, une inégalité' de droitsfuneste à celui meme qu’elle favorise. On cherche-roit en vain des motifs de la justifier, par les diffé-rences de leur organisation physique, par celle qu’on voudrait trouver dans la force de leur intelli-gence, dans leur sensibilité' morale. Cette ine'galiten’a eu d’autre origine que l’abus de la force, et c’ estvainement qu’on a essaye' depuis, de l’excuser pardes sophismes.
Nous montrerons combien la destruction desusages autarise's par ce pre'juge', des lois qu’il a dic-te'es, peut contribuer à augmenter le bonheur desfamilles, à rendre communes les vertus domestiques,premier fondement de toutes les autres; à favoriserles progrès de l’instruction, et sur-tout à la rendrevraiment générale; soit parce qu’on l’e'tendroit auxdeux sexes avec plus d’égalité', soit parce qu’elle nepeut devenir ge'ne'rale, même pour les hommes, sansle concours des mères de famille. Cet hommagetrop tardif, rendu enfin à l’e'quite' et au bon sens, netariroit-il pas une source trop fe'conde d’injustices,de cruaute's et de crimes, en faisant disparoître une