( 288 )
Une telle langue n’a pas l’inconvénient d’unidiome scientifique, different du langage commun.Nous avons observé déjà, que l'usage de cet idiome,partagerait nécessairement les sociétés en deux classesinégales entre eiles ; l’une composée des hommesqui, connoissant ce langage, auraient la clef de tou-tes les sciences; l’autre de ceux qui, n’ayant pu l’ap-prendre, se trouveraient dans l’impossibilité presqueabsolue d’acquérir des lumières. Ici, au contraire,la langue universelle s’y apprendrait avec la sciencememe, comme celle de l’algèbre; on connoîtroit lesigne en même-temps que l’objet, l’idée, l’opéra-tion qu’il désigne. Celui qui ayant appris les élé-mens d’une science, voudrait y pénétrer plus avant,trouverait dans les livres, non*seulement les véritésqu’il peut entendre, à l’aide des signes dont il con*noît déjà la valeur, mais l’explication des nouveauxsignes dont on a besoin.pour s'élever à d’autresvérités»
Nous Montrerons que la formation d’une tellelangue, si elle se borne à exprimer des propositionssimples, précises, comme celles qui forment le sys-téme d’une science, ou de la pratique d’un art, neserait rien moins qu’une idée chimérique5 que l’ex-écution même en serait déjà facile pour un grandnombre d’objets; que l’obstacle le plus réel qui l’em-pêcheroit de l’étendre à d’autres, serait la nécessité
un