DEUXIEME PARTIE.
ORGANOGÉNIE
ou
DÉVELOPPEMENT DE L’ORGANISATION VÉGÉTALE.
251. Il n’est personne h qui il ne soit arrivé plusieurs fois,en arrêtant son attention sur un grand arbre, de reporter sessouvenirs sur la graine, et qui, entraîné par l’enchaînementde ses idées à creuser la profondeur de ces mystères, ne sesoit demandé, par quel mécanisme organique, ce géant de lavégétation a pu sortir d’une si petite coquille. La réponse h cettequestion serait la solution du problème qui fait le sujet de,cette deuxième partie; ce serait l’histoire du développementde l’organisation végétale , evolutio vegetabilium .
252. Il est évident que ce développement de la graine en ungrand arbre n’a pu avoir lieu à la manière, soit d’une spiralequi se déroule, soit d’un emboîtement de tubes que l’on retirebout à bout, soit d’une vésicule élastique, d’abord comprimée,que l'on abandonne ensuite librement au jeu de son élasticité ;toutes ces similitudes seraient absurdes, si l’on voulait lesaccepter comme l’équivalent d’une explication rationnelle.
Car la spirale, l’association des tubes, la vésicule élastique,conservent leur pesanteur spécifique, comprimées ou déve-loppées; or, la moindre plante développée pèse déjà plus quesa graine.
La vésicule élastique, en échappant à la compression, accroîtsa capacité, mais ne la remplit pas, si ce n’est d’air; tandisque l’organe qui se développe accroît sa périphérie, mais enla remplissant d’une organisation qui acquiert de plus en plusde la compacité,