SUR L’A ME. Chap. XXIII. 427
voie ces Figures se donner différons mouvemens ;Rapprocher, s éloigner, fuir ; diminuer & augmenterde grandeur ; paraître, disparaître, reparaître : il voitles Bâtimens s élever fous ses yeux, & lui offrir toutesles Parties qui entrent dans leur Construction exté-rieure. Les Tapisseries de ses Appartemens , luiparaissent se changer tout à coup, en Tapisseries d unautre goût , & plus riche. D autrefois, il voit lesTapisseries se couvrir de Tableaux qui représententdifférons Paysages. Un autre jour, au lieu de Ta-pisseries, & d’Ameublemens, ce ne font que des Mursnuds , & qui ne lui présentent qu’un assemblage deMatériaux bruts. D’autresois, ce font des Echaf-faudages ; mais , st j’entrois dans un plus grand dé-tail , je décrirais le Phénomène ; & je ne veux quefindiquer. Toutes ces Peintures lui paraissent dunenetteté parfaite, & l’assecter avec autant de vivacitéque st les Objets eux-mêmes étoient présens; mais,ce ne font que des Peintures ; car les Hommes &les Femmes ne parlent point, & aucun bruit réaffecteson oreille. Tout cela paraît avoir son Siège dansla Partie du Cerveau qui répond à l’Organe de laVisé, (30.) La Personne dont je parle, a subi endifférons tems, & dans un âge très avancé, l’Opéra-tion de la Cataracte aux deux yeux. Le grand suc-cès qui a voit d’abord suivi cette Opération, ne seseroit sans doute point démenti, si un goût trop vifpour la Lecture, avoit permis au Vieillard de ména-
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