Band 
Tome premier.
Seite
XVIII
JPEG-Download
 

xviij PRÉFACE.

observations de la hauteur du pôle apprirent auxhommes que la terre étoit ronde ; les éclipses deLune servirent à connoître les longitudes des diffé-rens pays de la terre, ou leurs distances mutuellesd’occident en orient : nous ne lavons pas , disoitHipparque ( cité par Strabon ) fi Alexandrie est aunord ou au midi de Babylone, fans l’observation desclimats ; Sc l'on ne peut savoir si un pays est à l’o-rient ou à l’occident d’un autre , fans l'observationdes éclipses. On voit par l'Alcoran que les voya-geurs traversoient les déserts de i’Arabie en obser-vant les astres. Dieu, dit-il, vous a donné les étoi-les pour vous servir de guides dans l'obseurité , soitsur terre, soir sur mer ; cela est conforme à ceque rapporte Diodore de Sicile des anciens voya-geurs.

La découverte des satellites de Jupiter a donnéune plus grande perfection à nos cartes géographi-ques Sc marines , que n’auroient pu faire dix milleans de navigations Sc de voyages ; Sc quand leurthéorie sera encore mieux connue, la méthode deslongitudes sera plus exacte Sc plus facile.

L’étendue de la Méditerranée étoit preíque in-connue vers J’an 1600 ; on la connoît aujourd’huiausiì exactement que celle de la France : dans leliv.de Gemma Frisius de orbïs divijìone 1 y 3 o,on trouve53 0 de différence en longitude depuis le Caire jusequ’àTolede , au lieu de 3y° qu'il y a réellement ;les autres distances y font étendues à proportion ;nous avons encore 3 à 4 degrés d’incertitude parrapport à l’extrémité de la mer noire, Sc avant 1769