Astronomie Caldéenne . 113
dûs Phìl. liv. III. c. 2 ) ; Stob. Ecloga P h-sic a ) liv.I. p. 63. ( a ).
Je fuis persuadé avec M. Halley que ces connoif-fances étoient fort incertaines ôc fort vagues : Sénèquenous en fournit la preuve dans l’endroit cité ; il y parled’un autre astronome nommé Epigène , qui difoit queles Caldéens n’avoient rien de certain fur les comètes, ôcqu’ils les regardoient comme des météores allumés parl’effort de quelque tourbillon d’air violemment agité.Au reste, ces contradictions ne doivent pas nous sur-prendre : il y avoit plusieurs écoles chez les Caldéens :Pline en compte trois ( liv. VI. ch. 16 ). On enfeignoitdifférens systèmes dans toutes ces écoles, suivant Strabon{liv. XVI. p. j j y ), 6c il pouvoit fe trouver des philo-sophes qui eussent fait fur les comètes de ces con-jectures hardies 6c sublimes, telles qu’on les volt dansSénèque , fans que leur théorie en fût pour cela plusavancée. Ainsi , pour me borner aux temps qui ont pré-cédé l’Ere de Nabonassar ( 746 avant J. C. ) , je ne voisrien de certaip, ni même de probable dans le savoir desCaldéens , fi ce n'est une connoissance approchée despériodes des planètes , 6c des levers des étoiles.
2 7 J - Pour prouver que l’astronomie des Caldéens feréduifoit à très-peu de chose, on peut citer le senti-ment de Bérofe , qui croyoit que la lune avoit deuxcôtés , l’un brillant ôc l’autre obscur ( Stobée, p. 60 ) ;ainsi ou l’on avoit déjà perdu de son temps les con-noissances anciennes, ou, ce qui me paroît plus vrai-semblable , l'on avoit toujours ignoré ôc l’on ne savoirpas encore , d’une manière certaine 6c incontestable , lacause des phases de la lune. ( Plutarque de plac. Phìl.liv. II. chap. 29. Vitruve, liv. IX. c. 4, p. 188 , édit.d’Elzevir, 1 649). Ce Bérofe étoitun astronome Caldéen,que plusieurs auteurs mettent au temps d'Alexandre leGrand. Vitruve , au commencement du chapitre 9 de
( a ) Jean Stobée , auteur grec du > cueil de maximes fur la morale 8equatrième ou cinquième lìècle , la physique: je citesédition grecquenous a laissé fous ce titre? un re- 8c latine d - Anvers, 1575*
Tome I. P
i