D u Syjlème de Copernic. yip
son mouvement dans l’efpace absolu est la diagonaled’un parallélograme , dont un côté a une lieue, ôc l’au-tre six, il retombera par sa pesanteur naturelle , ensuivant une autre diagonale, & il retrouvera le canonqui n’a point cessé d’être situé, aussi bien que le boulet,sur la ligne qui va du centre de la terre jusqu’au som-met de la ligne où il a été lancé.
I 076. Newton proposoit en 1679 , de faire cetteexpérience avec un boulet de canon lancé verticale-ment ; il sembleroit par ce qu’en dit M. Birch, (T. IIJ.pag. 512.), que Newton lui-même ne voyoit pas alorsque le boulet devoit retomber au même lieu dans tousles cas, & malgré le mouvement de la terre ; mais j’aipeine à le croire d’un aussi grand géomètre , à moinsqu’il n’ait voulu parler de la petite différence, quivient du défaut de parallélisme des deux lignes verti-cales, & qui fait qu’à une certaine hauteur le bouletne fait pas autant de chemin que la ligne verticale,dans laquelle il étoit d’abord placé , ensorte qu’il yauroit, non pas six lieues , mais quelques pieds dedifférence dans le point où retomberait le boulet.
Pour que le boulet restât en l’air fur une même ligneperpendiculaire au point d’où il étoit parti , fans tour-ner avec la terre , il faudroit qu’il y eùt une cause enl’air qui détruisît l’impression générale que ce boulet avoitreçue par le mouvement de la terre , mais nous n’enconnoissons aucune ; le boulet doit donc continuer detourner autour du centre de la terre, lors même qu’ils’en éloigne par l’impulfion de la poudre : la première& la plus générale des loix du mouvement, est qu’uncorps déterminé une fois à se mouvoir dans une direc-tion , continue uniformément & fur la même ligne, s’iln’y a pas de cause qui retarde ou anéantisse son mon-vement : cette loi s’observe & se vérifie par tout ; iln’est donc pas étonnant que les oiseaux, les nuages,les boulets continuent d’avoir le même mouvement que la'terre, lors même qu’ils s’en éloignent.
1077 * Mais files corps terrestres ne peuvent décé-'