534 ASTRONOMIE, Liv. V.
» lisez attentivement Pline à la fin du 16 e . chapitre de» son second livre sur la cause des stations ôc des ré-» trogradations des trois planètes supérieures ; ce qu’ilx en dit, quoiqu’obscur ôc même absurde , mérite quel-» que attention , ôc sait voir que parmi les plus anciens» mathématiciens, ôc ceux même qui ont placé la terrex immobile au centre du monde , il y tn a eu qui n’ont») point employé les épicycles , mais ont cru que ces» apparences , par une certaine cauie occulte, pou-» voient se rapporter au soleil, ôc s’expliquer par leurx dépendance du soleil, sans qu’il y eût entre le soleil» ôc les planètes aucune matière capable de les unirx ensemble ».
Tycho concevoit donc une certaine force de con-nexion entre les planètes ôc le soleil ; or cette forces’écend jusqu’à Saturne, c’est-à-dire, bien au-delà de laterre. Comment donc imaginer que la force du soleilcapable de retenir des planètes plus groííes que la terre& à de plus grandes distances, ne pût cependant rienfur celle-ci, ôc qu’au contraire le soleil armé de cevaste cortege, ôc étendant sa force jusqu'aux extrémité»de ce système immense , fut cependant forcé de tour-ner sans cesse autour dune terre plus petite & moinséloignée que les planètes fur lesquelles il étend sonaction : j’ose dire que c’est dans le système de Tycho-Brahé une véritable absurdité ?
1098. En matière de physique on ne sauroit don-ner une démonstration rigoureuse ôc précise, commedans la géométrie pure : fi un homme placé fortuite-ment , ôc pour la premiere fois, dans un vaisseau ôcfur un fleuve, s’étoit persuadé d’avance fortement patquelque motif de prévention", que ce vaisseau est im-mobile , on auroit beau lui montrer la terre, les arbresôc le rivage en mouvement , lui dire que tout cela nesauroit être emporté à la fois du même sens , que lemouvement seul de son navire est la cause de toutes cesapparences, ôc suffit pour expliquer tous les mouvemensqu’il apperçoit ; s’il ne l’a jamais éprouvé lui-même en