12 TRAITÉ DU FLUX
Tesson: n’étoit plus suffisant. Cette idée fut ressuscitéedans le dernier íiecle, par Scipio Claramontius, liv. XIII,de universo , chap. XXII, que Riccioli réfuté assez aulong, Almag. T. II, p. 373 , de même que 1 évapora-tion causée, par le choc des eaux, que cet auteur fai-soit entrer dans son explication.
17. Platon croyoit qu’il y avoit dans la mer desgouffres qui absorboient une partie de ses eaux, ôc quiles rejettant ensuite formoient les alternatives de pleinemer ôc de basse mer. Aristote ôt Heraclite disoientque le soleil en train oi t avec lui des exhalaisons qui au-gmentoient le volume de la mer. Plut. ib.
Les Stoïciens, suivant Solinus, chap. XXXVI, ôc Apol-lonius deThyane regardoient le monde comme un grandanimal, dont les gouffres de la mer étoient comme lesnarrines, qui inspiroient ôc respiroient les eaux.
D’autres attribuoient les marées à une ébullition cau-sée par des feux souterrains; aux vapeurs & aux vents;à une raréfaction causée par les rayons de la lune ; àl’interruption des mers par les continens ; au défaut d’é-quilibre entre les différentes parties des mers ; au mou-vement diurne qui entraîne tout avec lui; à des influen-ces occultes ; à des intelligences motrices. On peut voirdans Riccioli, dix-huit opinions expliquées fort au long,mais qui rentrent à peu près dans celles que je viensd’indiquer.
18. Quelques Physiciens ont tâché d’expliquer cephénomène par les mouvemens généraux de la mer d’O-rient vers l’Occident, ôc du Septentrion vers le Midi,modifiée par les continens ôc les terres ; à la pente desterres qui font au fond de la mer ; au poids des eaux su-périeures qui refoulent les eaux du tond de la mer ;au feu central de la terre, ôc aux fermations souterrainesqui produisent les tremblemens de terre ; d’autres à lavitesse du mouvement diurne de la sphere qui entraîneles eaux. On peut voir dans l’Almageste de Riccioli, im-primé en ìtfjt , (liv. IV ôc liv. IX), ôc dans fa Géo-graphie reformée, plusieurs détails à ce sujet.