i* TRAITÉ DU FLUX
ment absolu de la terre, résultante de l’assemblage dumouvement annuel & du mouvement diurne. Entre lesdifférentes parties de la terre, il y en a qui, par le mou-vement diurne, vont du même côté que par le mouve-ment annuel, & qui ont la somme des deux vitesses,tandis que les parties opposées, ou celles qui regardentle soleil, n’ont que la différence des deux mêmes vitesses.Or, dans un vase plein d’eau auquel on donne un mou-vement inégal, le fluide fait nécessairement des oscilla-tions, & ces oscillations, selon Galilée, pouvoient pro-duire les marées. A l’égard des changemens de chaquemois, il les expliquoit par les inégalités que la lune de»volt causer dans le mouvement annuel de la terre. Enfln,il attribuoit les inégalités annuelles des marées à fincli-naison de l’axe de la terre. II est inutile de nous arrêterà réfuter une hypothèse fi peu fondée ; on voit par lelivre de Galilée qu’il n’avoit observé les marées qu’à Ve-nise, où elles sont peu sensibles, & où elles ne parvien-nent qu’après avoir suivi toute la Méditerranée & toutle golfe Adriatique, en sorte qu’il n’avoit pas une idéedistincte de tous les phénomènes, pour appercevoir les dif-ficultés fans nombre de son explication. Le P. Ricciolile réfuté fort au long ( Almag . novum , T. II, p. 377,de même que le P. Fournier dans son Hydrographie,1643, p. 4-60). Mais ce qu’il y a de plus étrange dansPexplication de Galilée, c’est qu’il lui étoit difficile d’yfaire entrer la lune, fur-tout pour les marées de chaquejour, tandis que tout le monde voit que les marées sui-vent les passages de la lune au méridien. Gassendi rap-porte cependant le sentiment de Galilée, sans oser fedécider contre lui (Op. T. II, p. 27); mais M. Caffinile réfuté ( Mém. de i’Académie 1713, p. 269 St 276).
21. Le P. Riccioli proposoit modestement son hy-pothèse ; savoir, que la marée est produite principalementpar la lune qui soulevé les vapeurs & les exhalaisons dufond de la mer, jusques à la surface, sans raréfaction ;mais il étoit bien peu satisfait de cette explication, puis-qu l il ajoutoit auffi-tôt après : Ncquc haclçnus naclus jum ul -