Z4 TRAITÉ DU FLUX
mouvemens réglés de la mer ; nous nous servirons doncde la théorie pour calculer les circonstances , les rap-ports & les variétés de ces effets ; mais nous nous ser-virons des observations & de l’expérience , pour en dé-terminer la quantité absolue, à cause du grand nombrede variétés que les circonstances locales y apportent ;ainsi, la plus grande marée solaire à Brest, ou la plusgrande différence entre les rayons du sphéroïde solairepour Brest , est suivant l’observation, 5 pieds & 5 poucesau lieu de deux pieds, en supposant 21 pieds pour lesplus grandes marées dans les íyzygies périgées.
48. Lorsque nous avons dit que le soleil pouvoit produireseul 2 z pouces d’élévation , nous avons supposé que laterre étoit un globe : il saudroit peut-être de longs cal-culs pour démontrer rigoureusement que la quantité desmarées est la même fur une sphere ou sur un sphéroïdetrès-peu applati, tel que la terre ( M. Euler, art. z z ).Et pour faire voir qu’un déplacement d’eau de quelquespieds fur la surface d’un sphéroïde, qui n’est applati que dene doit pas être sensiblement différent de ce qu’il seroitsur une sphere ; mais on volt assez que la différence nepourroit être au moins que 2 -j 0 - de la marée totale ; ainsinous n’aurons point d’égard dans le cours de nos re-cherches à la figure applatie de la terre.
Par la même raison, si l’on suppose que la lune, ayantdonné à la masse des eaux de l’Océan la figure d’unsphéroïde, dont le grand axe soit dirigé vers la lune, lesoleil vienne à exercer une action semblable sur les mêmeseaux dans une direction différente ; cette nouvelle actions’exerçant fur ce sphéroïde déja formé par le soleil, pro-duira le même déplacement que si elle se fut exercéesur une sphere ; ainsi faction de la lune élèvera les eauxde la quantité qui est proportionnelle à la force qu’elleexerce , par-deffus la hauteur à laquelle la force du soleilles avoit déja élevées : l’on peut donc considérer sépa-rément ces deux actions, à en ajoutant leurs résultatsensemble , on aura Télévision totale produite par lesdeux causes réunies.