44 TRAITÉ DU FLUX
parce qu’il a fallu 12 heures à l’Océan pour se répandresur les côtes, pour franchir la Manche ou le détroit deCalais, ôc arriver à Dunkerque. Le flot fait environ 20lieues par heure fur nos côtes.
II en est probablement de même dans des ifles de la mer.du Sud , où les marées des fyzygies arrivent une demi-heure avant le passage de la lune au méridien ( art. 212),c’est par un retardement de 11 heures ôc demie fur lepassage précédent.
On trouvera vers la fin de cet Ouvrage une table dece retard , ou de l’heure du Port en divers pays , com-posée de toutes les Observations que j’ai pu recueillir ;ôc l’on est obligé d’y avoir égard pour calculer l’heurede la marée, ou la hauteur de la mer à une heurequelconque, par le moyen de la hauteur de la lune(67, 85 ). s
59. On s’apperçoit encore mieux de ce retardementdans les rivières ; par exemple , la marée emploie 9heures ôc un quart, à remonter la Seine, du Havre jus-qu’à Rouen ( 150 ). Elle arrive à Londres z heuresplus tard qu’à l’embouchure de la Tamise ; quoiqu’elle soitencore assez forte à Londres pour faire tourner à contre-sens du courant la machine du London Bridge. Dansla riviere des Amazones , la marée se sait sentir à deuxcens lieues de l’embouchure, ôc emploie plusieurs joursà faire ce trajet ( Journal des Savans , Février 1770, M.de la Condamine , Voyage de la riviere des Amazones ).Au reste , rétablissement du Port est une différence àpeu-pròs constante , entre le passage de la lune au mé-ridien ôc la marée ; en sorte qu’en ajoutant ensemblel’heure du passage au méridien ôc l’heure du port , on aà peu-pròs celle de la marée. Nous discuterons plus bastout ce qui concerne rétablissement du Port ôc les chan-gemens dont il est susceptible (241 ôc suiv. ).
60. Je crois donc qu’on ne sauroit révoquer en doute lacause de la différence entre le passage au méridien ôc letemps de la haute mer ; dès-lors on comprendra facilementpourquoi le jour de la nouvelle lune ou de la pleine lune