i 4 2 ? TRAITE DU FLUX
l’Est, & n’a point de rapport avec la lune, vient du défautd’équilibre entre les deux mers. Le mouvement vers l’Eítest contraire au mouvement général que l’air 6c la mer ontvers l’Occident ; celui-ci est produit par un ester de la rota-tion de la terre fur son axe, 6c du retardement que cause àla rotation de l’air 6c de l’eau la matière supérieure, suivantM. Bernoulli (Prix de 1751, tom. VII, pag. 8 ). MaisM. d’Alembert, dans ses Recherches fur la cause des vents,réfute ce sentiment, 6c se sert de la raréfaction de l’air(Voyez Encyclopédie aux mots Ahjì , Vent).
On a souvent dit que les eaux de l’Océan entroient dansla Méditerranée , par le détroit de Gibraltar ; pour expli-quer comment elles en sortoient ensuite, on a eu recours àun courant inférieur (Phil. tranf. 1684, n°. 158, p. 564,Abr.II, 289) ; 6c un Maître d’équipage l’a éprouvé enlplon-geant trcs-avant dans la mer, un sceau qui faisoit voir ladiminution de la route du vaisseau.
238. Le Chevalier Henri More, qui a été 1 6 ans à Gi-braltar, où il commandoit des ouvrages de fortifications, ya fait quelques remarques fur les marées; elles y montent,dit-il, depuis deux jusqu’à quatre pieds, 6c régulièrementcomme ailleurs. 11 dit qu’il y a une forte marée qui entre6c qui sort de la baie de Gibraltar , & vient de Cabrita, quiest à l’Ouest, ( je crois que c’est vers le Cap Carnero ) 6c de lapointe d’Europe, qui la termine à l’Est. Ce flot a environun mille de large ou un peu plus. {Phil. tranf. 1762, p. 443).En même temps que la marée se répand dans la baie de Gi-braltar , le long de l’Europe, on remarque, soit du haut durivage, soit de dedans les vaisseaux un autre courant dansle large qui a une direction contraire; aussi les vaisseauxqui viennent de Mal aga, 6c vont à l’Ouest dans l’Océan,s’ils trouvent le flot contraire au-dessous de lEurope, jet-tent l’ancre derriere les hauteurs, 6c ils attendent la ma-rée qui bientôt les porte à volonté, tandis que ceux quinégligent cette attention sont exposés à retourner malgréeux à Malaga , paï les vents d’Ouest. M. More racontequelques faits dont il a été témoin, 6c qui prouvent cettediversité dans le mouvement des eaux du détroit.