ET DU REFLUX DE LA MER. i 4î
Ls 29 Juin 1725, sur les 8 heures du soir, l’eau du ports’abaissa d’abord de maniéré à laisser voir la vase à quelquedistance de la rive, d’où sortoit une très-mauvaise odeur ;quelques minutes après, il entra dans le bassin comme untorrent d’eau venant de la rade avec grand bruit, ôc quiressortit bientôt, après avoir démarré ou agité les navires,sur-tout un pinque chargé de ris, qui fut pressé entre deuxvaisseaux, ôc acheva de se rompre contre les piliers de lachaîne. L’eau monta de 5 à 6 pieds, mais tout cela ne durapas demi-heure.
La mer étoit tranquille alors au milieu de la rade, mais ily avoit un mouvement sensible le long du rivage.
On s’apperçut de l’élévation de la mer à la plage d’Aren,aux environs de l’Estaque, & de Casteau-Foilet ; del’autrecôté à la pointe de Montredon, au cap de la Croisette,ôc à Cassis où l’eau surmonta le Môle. On ne s’en apperçutpas à la dotât ôc à Toulon , à cause des caps de l’Aigle& de Sicié qui les couvrent.
Plusieurs jours avant ôc après cet évenement, la mer,quoique calme dans le milieu de la rade, saisoit une especed’ondulation le long de la côte, où il se formoit des couransqui portoient vers l'Est, ce qui arrive souvent quand unvent qui a soutenu la mer à une certaine hauteur vient àêtre croisé ou contrarié par un vent de terre.
Le vent de S. O. pousse les eaux sur la côte de Provence,le S. E. vers celle du Languedoc ; si le vent du S. O. quisoutient les eaux à Marseille vient à passer au JN. O. l’eaudiminue dans le bassin de 3 à 4 pieds au-dessous du niveaumoyen du quai, ou de 18 pouces au-dessous de son niveauOrdinaire ; il se fait alors une grande agitation vers les caps& les pointes qui avancent assez dans la mer pour résisterà son cours.
Mais il arrive quelquefois que le S. E. qui vient dularge, réfléchi par les côtes du Roussillon, qui sont fortélevées, devient S. O. ôc que vers le centre du golfe deLyon, il se fait un concours des deux vents ; l’on a vudeux vaisseaux arriver l’un fur l’autre ayant chacun ventarriéré, ôc les marins disent quelquefois qu’il est PonentTome IF. T