ET DU REFLUX DE LA MER. 151
observés pour qu'on puisse établir une explication détaillée.
ijo. Un anonyme assure même dans le Journal de Tré-voux de 170 j , que le cours de l’Euripe n'a point de rapportavec celui de la lune, que les montagnes voisines de l’Eu-ripe font fort hautes, ôc occasionnent des vents très-vio-lens ôc très-variables, qui font la cause de ces courans. Cesvents font ordinairement à l’Est 6c au Nord-Est pendant lejour, à l’Ouest 6c au Nord-Ouest pendant la nuit; tandisque dans les autres iles qui font jufqu’à la côte d'Asie, An-dros, Tine , Miconi, Nicosie, Samos, les vents font or-dinairement au Nord ; par là les eaux s'élevant plus oumoins au-dessus ou au - dessous de l’Euripe, elles détermi-nent le courant d’un côté ou de l’autre. L'anonyme dit quece courant ne change que deux ou trois fois en 24 heu-res , ôc que selon la diversité des vents qui règnent, lesmarins jugent si les courans seront bons pour entrer dansle canal. IÍ dit avoir remonté une fois le canal par un cou-rant qui étoit contraire au vent, mais les matelots l’averti-rent que ce vent, qui ne faifoit que de s’élever, avoit déjadiminué la rapidité du courant, 6c que les eaux change-roient bientôt de cours, ôc fuivroient celui du vent. Cepen-dant comme cet Auteur prétend ensuite, que si la lune ré-glé le flux ôc le reflux de l’Océan, ce n’est qu’autant qu'ellesert à régler les vents: cela me rend ses observations unpeu suspectes. Voyez le Journal de Trévoux 1705, ôc i’Ou-vrage de M. Buc’hoz, que j’ai cité plus haut.
1 y 1. Dans les rivières , la marée fe fait sentir plus oumoins, mais avec des circonstances qui varient suivant leslieux ôc suivant les vents. A l’embouchure de la Seine, au H a-vre-de-Grace, la mer commence à monter à trois heures, ôcà Rouen, qui est à 33 lieues plus haut, elle commence àmonter vers midi, ou midi ôc un quart, lorsque les ventsne font pas contraires. Au Havre, la mer est pleine à 9 heu-res , ou 6 heures après qu’elle a commencé de monter ;mais il n'en est pas de même dans la riviere, la durée duflot n’y est jamais fl grande, elle n’est communément quede deux heures, ôc cela varie de plus de trois quarts-d’heure en plus ou en moins, suivant les vents.
Dans ks Rîtîs-res.
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