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282 TRAITÉ DU FLUX
au Nord, la dérive de ce courant les porte à la Mar*
tinique.
Delà vient que les vents d’Ouest, de Sud ôc de Sud-Ouest, qui contrarient ce courant fans qu’ils soient bienviolens , augmentent les marées, bouleversent la mer aubout de quelques heures, ôc causent des naufrages fur lescotes de nos iles, qui ne feroient pas praticables si cesvents étoient fréquens ; mais ils n arrivent guere quependant les hivernages.
M. de Hauterive écrivoit en 1724 , qu’à la Martinique,'les intervalles des deux marées d u n même jour vers leséquinoxes n’étoient point égaux ; la mer emploie trois foisautant de temps à bailler qu a monter ; par exemple ,elle baisse depuis midi juíqu’à 9 heures du soir, ôc montejufqu’à minuit, elle baisse jufqu’à 9 heures du matin ôcmonte jufqu'à midi. ( Hi t L de l’Ac. 1724, pag. 17). M.de Chanvalon dit, qu’on a lieu de croire que ce rapportn’est pas tout-à-fait exaôt {Voyage à la Martinique 176;,p. i)p, n°. 24 ) ; mais celui-ci n’a point eu occasion d'ob-ferver les marées.
200. Les marées, en fe propageant vers le golfe duMexique, au travers d’une multitude de grandes îles ôcde petits détroits, éprouvent de grandes altérations. Ons’en apperçoit long temps avant d’être arrivé au golfe duMexique, proprement dit , qui ne commence qu a l’îlede Cuba.
Dans la baye de Carthagene, longitude z02°, latitudeio° N. les marées font peu régulières ; ce qui vientfans doute du frottement considérable le long des côtesdans une mer qui n’est pas large. Dom d’Ulloa donneà peu-près la même idée des marées de toute la côte :après avoir mis ordinairement un jour à monter, les eauxbaissent dans l’efpace de 4 ou 5 heures. Le plus grandchangement qu’on observe dans leur hauteur est ce deuxpieds ôc demi. Quelquefois même il est fi peu sensible,qu'il ne fe fait appercevoir que par les flots qui s’éievent ;ôc c’est alors qu’il est dangereux d’échouer , malgré la