ET DU REFLUX DE LA MER. 29 z
l’opinion répandue entre les gens de mer, qu’entre lestropiques, les marées font irrégulieres, soit pour le tempsque dure le flux ôc le reflux , soit pour la hauteur desmarées (Hifì. des Voy. tom. L, pag. 260).
21 f. Le golfe de Saint-Michel , près de Panama,est l’endroit de toute cette côte , où la marée est laplus forte. II y a plusieurs grandes rivières qui sc dé-chargent toutes dans une efpece de lac, large de deuxou trois lieues, ôc séparé de la mer par de petites îlesbasses, entre lesquelles il y a deux canaux , par où lamarée passe dans le lac, ôc delà dans les rivières. Ellereflue de même ; ôc souvent toutes les îles en sont inon-dées , jusqu’au sommet des arbres. Les rivières qui sejettent dans ce lac sont assez étroites ; leurs rives sont es-carpées , ôc ne sont guere plus hautes que le vif de l’eau.Comme le lac ôc les rivières sont les seuls réceptaclesde la marée, il n’est pas surprenant qu’elle y monte ôcdescende de 18 ou de 20 pieds. 11 en est à-peu-près d&même de la riviere de Guayaquil, excepté que les lagunesy sont plus larges. La marée y monte ôc descend de 1 S
f )ieds. Quoiqu’il y ait plusieurs autres grandes rivières fura même côte, où la marée ne paroît pas moins rapide ,il n’y en a pas d’autre où la hauteur du flux soit siremarquable.
Ces grandes marées du golfe Saint-Michel, ont faicpenser à quelques Observateurs qu’il y avoit sous terre ,une communication réelle entre les deux mers , ôc quel’isthme de Darien étoit une efpece de Pont, sous lequella mer avoit son flux ôc son reflux , comme sous le Pont deLondres. On a même dit qu’on y entendoit un bruitconsidérable qui venoit de cette cause ; qu’en faisant voiledans la Baye de Panama, les navires s* y trouvoient prodi-gieusement agités, ôc quelquefois brisés contre les îlespar la violence de cette agitation ; qu’en d’autres tempsils étoient attirés comme par la force d’uti gouffre , ôcmenacés d'être emportés sous terre dans la mer du Nord»On ajoute , que dans les grandes marées les îles de h*