3 í8 origine des constellations
l’emblême du labourage. Mais nous ne voyons aucunpeuple qui ait placé dans cette saison le commencement deles labours, ôc le travail des Bœufs. Les Grecs & lesRomains,au contraire , attendoient la fin des récoltes pourpréparer la terre à recevoir une nouvelle semence, ®ardoient l’automne comme la saison du labourage.Virgile , il est vrai, parle d’un premier labourage auprintemps ; mais il dit ailleurs que c’est en automne qu’ilfaut fatiguer le Taureau à tracer les sillons. Georgiqucs 3Liv. I, v. 208,
Libra dic fomniquc parcs ubi fecerlt haras ,
Et médium, luci atquc umbris jarn dïvidet orbem }
Exercete viri Tauras , &c.
Hésiode également, dans le second chaut de son Poèmesur I’agriculture, fixe au coucher du matin des Pléiades,c’est-à-dire, au premier jour de Novembre, le commen-cement du labourage òc à leur lever héliaque celui de#moissons ; il en fait même une réglé universelle pour ceuxqui habitent les bords de la mer, comme pour ceux quicultivent rintérieur des terres ( Hef. opéra 6’ dies , Liv. II,v. 2 Lc 234).
Flutarque {de a more prolïs , pag. 496 ), dit aussi quec'est au coucher des Pléiades qu’on ensemence la terre,& qu’on récolte après leur lever ; c’est-à-dire , qu’il placeen Mai, ou fous le Taureau, non le labourage, maisles récoltes, ou au moins qu’il les place peu de tempsaprès. Donc le Taureau céleste n’a pu être regardé commele symbole du labourage chez les Grecs, ni chez aucundes peuples, qui comme eux, commençoient les laboursen automne, ce qui est néanmoins l’usage reçu univer-sellement.
Le même passage de Plutarque nous prouve égalementque la Vierge , ou la Moissonneuse , de nos sphères, n apu être le symbole des moissons, ni chez les Grecs, nichez les peuples, qui, comme eux, ont moissonné peu detemps après le lever des Pléiades, ou même au solstice