412 ORIGINE DES CONSTELLATIONSont vu naître cette science ; que le Zodiaque est l’ou-vrage des peuples de ce climat, puisqu’il a un sens chezeux, ôc qu’il n’en peut avoir que chez eux ; qu’enfin, ilest à eux, puifqu’il n’est sait que pour eux. Cela se con-clud d’après l’hypothese simple qui suppose du sens à cesemblèmes; hypothèse, née de la connoissance que nousavons du génie hiéroglyphique de ces peuples, confirméepar le témoignage de Macrobe, & par celui de Lucien,qui voyagea dans ces climats, ôc qui nous dit expressé-ment , en parlant des dénominations données aux astres,qu’elles n’étoient pas seulement nomina , sed rerum signa.
Cette conclusion est aussi parfaitement d’accord avec Topí-nion reçue chez les Grecs ôc chez les Romains, que lessciences astronomiques étoient nées en Egypte.
Hérodote, Liv. II, chap. IV, dit que ies Egyptienssont les premiers inventeurs de la division de Tannée endouze mois, ôc que cette division du temps étoit calquéefur celle des astres : Et hœc ex ajlris excogitajfe ; qu’ilssurent aussi les Auteurs des noms qu’on donnoit auxdouze grands Dieux, ou suivant nous , aux douze astresGénies protecteurs des signes. Macrobe, ( Sat. Liv. I,chap. 12), assure qu’ils sont les seuls, qui dès la plushaute antiquité, aient eu une année bien réglée.
Diodore de Sicile, L. I, dit que les Prêtres Egyptiensétoient habiles, non-senlement dans la Géométrie, maisaussi dans TAstronomie ôc dans l’Astrologie ; qu’ils avoientde temps immémorial des tables astronomiques qui mar-quoient les révolutions des Planètes , ôc leurs mouve-mens diurnes, stationnasses ôc rétrogades, ôc qu’on yvoyoit leurs influences fur les êtres sublimasses. Tel étoitle cercle d’or d’Ofymandias , qui avoit une coudée delarge ôc z< 5 y coudées de tour, où chacune des coudéesrépondoit à un jour de Tannée, ôc où les levers ôc lescouchers d’étoiles étoient marqués : ce qui annonce déjaune Astronomie ancienne. Mais Achilles Tatius (Ifagogead Arati Phœnomena , C, 1.) dit quelque chose de plusprécis, Aigyptios primos omnium tam ccelum , quam ter -ram ejje dimenfos , ejusque rei scientiam ad posleros incifam