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Conspira-tion de Par-Ry.
rS MEMOIRES
facile. Vous n’estes point.courtisan à ce que je vois, & partantne connoisiez point fa consume, qui est cîe fe proumeneravec peu cìe train, 6c souvent presque toute seule au jardin.Et lors j’ai accès fort facile vers elle, comme auíìì vous enpourriez avoir quand vous seriez connu en Cour. II nous faudraavoir une barque toute preste à l’hcure, pour vistement des-cendre la riviere là où nous aurons un Navire prest pour noustransporter st besoin est : mais fur ma teste nous ne serons pointpoursuivis jusques là. Je lui demandai lors comment il pourroicsortir du jardin, car il ne vous fera point permis, dis-je , d’yamener de vos gens, 6c les portes seront fermées , 6c encore n’ypourrez vous pas porter pistolets, fans estre soupçonné. II ne mechaut, dit- il, de pistolets , ma dague me suffit ; 6c quant à mesauver, ceux qui seront autour d'elle seront tellement empres-sés qu’il me fera aisé de trouver moyen deschapper, pourvuque vous soyez prest avec la barque pour me recevoir. Que stceci vous semble dangereux pour la raison que vous avez allé-guée, attendons donc jusques à ce qu’elle vienne à Sainct Ja-ques ; 6c nous pourvoyons cependant d’hommes 6c chevaux,propres pour ce raies. Nous pourrons avoir chacun huict ou dixhommes fans aucun soupçon : 6c pour mon regard, dit-il, jetrouverai de bons compagnons qui me suivront sans qu’ils fedoutent de mon entreprise. Autant d’hommes, dit-il, bien ré-solus , Le bien équipés, ayant chacun la couple de pistolets ,pourront beaucoup faire à l’improviste, voire quand mesmeils seroient cent hommes autour d’elle, il leur feroit impossiblede la sauver. Car quand vous viendriez d’un costé 6C moi del’autre, délaschant ainsi nos pistolets fur elle , ce fera un grand,cas si l’un ou l’autre ne l’atteint. Mais quand ores les pistoletsnous defaudroient, je me mettrai tellement en devoir avec l'ef-pée , qu’elle fera beaucoup û elle m’eschappe Sûr quoi, bondocteur, dis-je, laiíïez je vous prie ceste entreprise tant détes-table , 6c ne me parlez plus d’une chose laquelle mon cœur atant en horreur. Plust à Dieu que l’entreprise fust honneste,car vous verriez lors s’ìl n’y a point de résolution en moi. Peude jours âpres fa Majesté vint à Sainct Jaques, 6c fur cela unmatin ( du jour il ne m’en souvient ) Parry commença encoreson premier discours pour tuer fa Majesté , tâchant de grandeaffection 6c avec importunité de m’y attirer, me disant estreà son avis le feu 1 homme en Angleterre plus propre pour cefaire , vu ma proueíïè , ce disoit-il.