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Tome premier.
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1584.

Conspira-tion dePar-SY,

34 MEMOIRES

quelque sorte la chose ne fût destournée. Ce fait, Morgan m’a£jfura qu’incontinent après mon départ le Laird de Ferneherst( pour lors à Paris ) iroit en Ecoíle pour y estre prest inconti-nent qu’il auroit entendu les nouvelles de la mort de la Reine,pour entrer en Angleterre avec vingt ou trente mille hommespour maintenir la Reine d’Escoste ( laquelle je proteste sur maconscience n’avoir part en ce fait ici ni en aucun autre sem-blable , ni y auoir jamais consenti, que je sache, & non plusle Roi son fils. ) Bientost après je partis pour aller en Angleterre,Lc arrivai à la Rie au mois de Janvier fan mil cinq cent quatre-vingt-trois , Lc de là m’envins à la Cour, là ou j’advertis aucuns ,que j’avois quelque service singulier à defcouvrir à sa Majesté.Ce que je fis, non pas tant pour aucun foin que j’euíïe de?sa per-sonne , que pour me faire chemin & crédit : combien que j’euílecette résolution en moi de ne toucher jamais à fa personne( quelques promeíles qu'o n m’eut faites ) si en aucune íorte elleeut pu estre induite par le moyen des Estats à se comporterplus gracieusement envers les Catholiques qu’elíe ne fait, nin’a délibéré le faire à ce que je vois. Je vins en Cour ( qui lorsestoit à Whitehal ) &C demandai audience , laquelle me fut oc-troyée amplement, & je descouvris fort secrètement à sa Majes-té la presente conspiration en mesme substance que deísus, sinonque je la déguisai autant que je pus. Elle la prit douteusement,qui fut cause que je m’envins en crainte. Mais entre autreschoses je ne puis oublier le propos gratieux qu’elle me tint enfaveur des Catholiques, comme je les ai maintenus Sc déclarésen plein Parlement. C’est qu’elle me dit que jamais aucun Ca-tholique ne seroit-en peine pour la Religion ou primauté duPape, tandis qu’ils se comporteroient en bons Sujets. Dont jepensai qu’on .lui faisoit accroire que nul n'estoit troublé nipour l’un ni pour l'autre point. Nous pouvons bien dire à lavérité, que les choses se portent mieux qu’elles n’ont fait, com-bien qu’il y ait encore à redire.

Au mois de Mars dernier moi, estant à Greenewich ( si j'aibonne mémoire ) comme je pourchaílois la maîtrise de SaincteCatherine , on m’apporta aes lettres du Cardinal Como datéesà Rome du dernier de Janvier précédent, par lesquelles estoitlouée & approuvée mon entreprise, Sc moi- mesme absousde tous mes péchés au nom de Dieu. Laquelle lettre je fis voirà aucuns de la Cour qui la communiquèrent à la Reine. Je nefais ce que cettte lettre à pu faire envers fa Majesté, Dieu le