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Tome premier.
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DE LA LIGUE. 35

fait : mais une chose fais-je , c’est que cette lettre Me confir-ma en ma résolution de la tuer, & m’assura en ma conscienceque c estoit chose loisible oc méritoire. Sinavois-je pas nean- tIONt , E p ARMois déterminé de le faire , sinon en cas qu’il n’y eust nul autre ry.Moyen , & que nulle persuasion ou auctorité des Estats n’eufíèntpu rien faire. Toutes-fois craignant d’estre tenté, toutes ÔCquantes fois que je me voulois approcher d’elle, je laissois ma da-gue au logis. Quant je la voyois , me souvenant de combien dedons 6c grâces elle est douée, j’en estois grandement troublé,

Sc si n’y voyois pourtant nul remede. Car mes vœux estoientau ciel, mes lettres & promesses en terre : Outre-plus Pestât mi-íerable des Catholiques rebouttez, Sc d’autres qui n’estoientgueres mieux traictés, rnëmouvoit grandement. Je difois quel-que fois en moi-me fuie, que te chaut-il tant d’elle ? quel bient’a-t-elie fait ? N’ai-jepas defpendu dix mille livres depuis queje fuis à son service sans en avoir eu de récompense une maille ?

Mais elle t’a sauvé la vie, dira quelqu'un. A quoi je responds,qu’elle ne me l'eust su oster que par tyrannie, le faict estantbien considéré : Sc possible qu’elle me la voudroit oster encore.

Que si elle veut avoir égard à ce qui est cause de mon mécon-tentement , plust à Dieu qu’elle l’eust: ores , car auíïï bien enfuis-je las. Et maintenant pour mettre fin à cette Tragédie ,au mois de Juillet, je quittai la Cour m’ayant du tout rejetteSc rendu mal content, Sc estait aisé à sa Majesté d’appercevoirpar mes lettres tant palsionées, que ne faisois nul compte demoi-meíme. Je me en vins à Londres là où je reçus le livre dudocteur Alain qu’on m’avoit enuoyé de France, lequel me re-doubla mes premieres pensées : chaque mot estolt comme unefguillon à un esprit dé j a disposé comme estoit le mien. Celivre prouvoit qu on peut excommunier les Rois, les depofer ,

Sc contraindre : que les guerres civiles Ou estrangeres pòur laReligion, font honorables. Sa Majesté feroit bien de le lire,dc s’assurer que si on n’y met ordre, àst un avertissement Scdoctrine bien dangereuse. C’est le livre que je fis voir à moncousin Nevil ( l’accufatcur ) lequel frcquentoìt Ma maison ,mangeoit à ma table, peschoit en Ma bourse i Sc le soir mes-ure qu il m’accufa estoit enveloppé en ma robbe, six mois poutle moins après que nous eusmes commencé ceci. Depuis lequeltemps, on eust bien pu depefeher plus de dix Princes, quant°res ih euíïènt esté tous de diverses Provinces du monde : com-bien donc plus^ fa Majesté ? Dieu veuille bénir fa Majesté en

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