BÊ LA LIGUE. 37
accordée en Aoust; Qu’il ne sc fie jamais en moì, fi cela neiuy coude à la parfin une teste ambitieuse. II m’amena a larue des Chanoines un Gentil-homme de belle taille, me le ^recommandant pour estre excellent pistolier , afin de le fairejoindre avec moi, ce que je n’ai voulu faire , de peur de mettrerna teste entre trop de mains. Maistre Nevil a, je crois, ou-blié qu’il m’a juré par plusieurs fois que tout l’avancementque fa Majesté lui fauroit faire ne servira que d'un fouetpour elle mefme , si jamais le temps & la commodité feprefentent, que combien qu’il ne la voulut frapper en quel-que coin, qu’il auroit bien le cœur pour lui oster la teste enpleine compagnie. Mais pour le laillér maintenant la, & retour-ner à moi - mefme, il faut que je confesse ceci pour conclusion,que je m’estois délibéré d’essayer par le moyen du Parlement,solliciter autant que faire fe pourroit pour empefcher le mauvaistraitement des Catholiques, & de fléchir fa Majesté par prières( si j’eusse pu ) à avoir compassion d’iceux : Et en cas que toutce n’eût de rien servi, effectuer ce que j’avois pensé. Que sien cette forte fa Majesté eut pu estre induite à les soulager,je me fusse bien contenté quant au reste , quand ores elle nem’eust jamais avancé pour mon particulier : mais si en rn’ad-vançant moi, elle n’eust eu égard aux autres pour les secou-rir , j'eusse poursuivi mon entreprise.
Signé, PARRY.
Dieu veuille garder la Reine, tk. fléchir son cœur pitoyableà me pardonner ce mien désespéré dessein. Et pour satisfac-tion fe contenter de ma teste, que je lui baille de tout moncœur.
Après ce, pour plus grande vérification de fes trahisons,il écrivit une lettre de son bon gré fans que personne l’aitinduit à ce faire : laquelle il envoya à fa Majesté le quatorzief-me de Fevrier dernier. Le tout estoit de sa propre main. Etpourcequ’elle touche fes traitreíles menées, nous savons icicouchée comme il s’enfuit.
L E TTR E de Guillaume Parry , écrite à Sa Majesté.
OSTRE Majesté peut voir par ma confession volontaireles dangereux fruicts de mon esprit 'mal-content , & dequelle constance j'ai poursuivi l’intention que j’avois premie-rement conçue à Venise , puis continuée à Lyon , & attestée