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Tome premier.
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z6 MEMOIRES

la gardant de lui : car je proteste devant le Dieu tout-puissant,que je suis joyeux en mon ame, qu’il a eu cet heur de me des-couvrir de bonne heure , combien qu’il n’y avoit point de dan-ger preíl.

Maintenant pour venir à noítre premíere rencontre, il m<?vint trouver au commencement d’Aouít, & m’en parla en la fa-çon que s’ensuit : Cousin , dit-il, puis que nous ne nous avan-çons point, faisons quelque chose. Je l’escoute volontiers, &oiíre de me joindre a lui, pensant que pour autant qu’il estoitCatholique , il eut pu toucher au poinés que j’avois en teste :ce qu’il ne sit pas pourtant. Il estoit d’opinion que la Reined’Escostè pût facilement estre delivrée , alléguant pour ce faitle crédit & parentage qu’il avoit vers le Nord. Moi au contrairele trouvai bien dangereux , voire du tout -impossible aux gensde nostre qualité. Après il me parla de prendre Baulbicke,& moi de Quinbonroug , & d’une armée navale, non pastant pour aucun égard que j’euíle à ces choses la ( ayant debien plus grandes en ma teste ) que pour entretenir ses discours,je lui dis finalement que j’avois une entreprise bien plus hono-rable, èc de plus grand avantage, tant pour nostre particulier,que pour le bien public des Catholiques, que toutes celles là,pourvu que lui s’y voulust joindre : ce qu’il promit de faire,S>C me preííbit fort de la lui déclarer. Je le priai d’y songerpremierement : ce qu’il sit ; & le lendemain matin me vjnctrouver à mon logis à Londres, êc pensois savoir gagné. Caril s’ostrit de se joindre avec moi, & fit serment sur la Biblede ne rien révéler, ains de poursuivre constamment le propospour l’avancement de la Religion : ce que je promis aussi, ôcmon intention estoit de le faire, C’estoit en somme de tuer laReine.

Touchant la maniéré Lc le heu, c’estoit de nous trouver huicstou dix montés à cheval lors quelle se promeneroit à SainesJames, ou autre lieu semblable. Nous fuîmes une fois d’avisque le lieu le plus propre pour ce faire seroit au jardin. Et quepour eschapper il faudroit venir par eau à Shepy ou en quelqueautre port : mais nous conclusmes fur le premier avis.

Cet accord continua ainsi entre nous par l’espace de plu-sieurs mois , jusques à la mort de Crestmer L and ( 18 ) , les terres &cdignités duquel il s’asiuroit avoir & voila de quelle cons-cience il a esté ému de descouvrir en Fevrier une trahison

1 18 ) C’est Charles Newil, Comte de Westmorland, dont on a déja parlé çi-deííus.