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Tome premier.
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DE LA LIGUE.

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1584.

* y.

LETTRE de Guillaume Parry , au Trésorier & àTEarle conspira-is Leycejlre. tiondePar-

Ilords , maintenant que la conspiration est descoverte ,la faute confessée , ma conscience deschargée , 6 c moncœur disposé à souffrir particulièrement les peines dues à uncrime si détestable, je pense que ne trouverez point mauvais,fi criant Miferere avçc le pauvre Publicain, je ne viens à me. désespérer comme a fait le maudit Cain. Ce mien fait est rare& effrange, voire seul, autant que je m’en puis souvenir,qu’un Sujet naturel ait voué solemnellement la mort de sonPrince ( Prince si bien né , si bien connu Lc approuvé detous ) fous prétexte de relever les Catholiques affligés, Lc derestablir la Religion : chose premierement conçue à Venise,la q ii en mots généraux je presentai mon service au Pape ,continuée Lc entreprise à Paris, finalement louée Lc avouéepar fa Saincteté, digérée Lc résolue en Angleterre, si elle n’eustesté prévenue par accusation, ou bien par plus grande douceurSc bon comportement de fa Majesté envers ses Sujets Catholi-ques. Voici la premiere Le derniere offense que j'ai jamaisconçue contre mon Prince Sc ma patrie, laquelle je con-fesse comprendre en soi toutes autres fautes quelconques. II estquestion maintenant de la punir par mort, 011 bien la pardon-ner gratuitement, outre l’attente generale de tous. Je confesseavoir mérité la mort: mais je requérs humblement ma vie, pour-vu que cela n’apporte nul préjudice à l’honneur de la Reine,ni à la police du temps présent. D’un costé il est dangereuxde laiíTer impunie une telle trahison : mais auífi il y aura dangerde la tirer en exemple par ma mort, Car telle chose rsa pointesté vue en Angleterre, qu’un serviteur ait tant osé entre-prendre pour telle occasion , Sc par tel garand. Et partant auffiCela ne pourroit apporter profit aucun de proceder contre lui,pour, le menant sur un Eschafaut, publier ion offense. De pen-ser auísi plus descouvrir Sc manifester la chose qu’elle n’est ,ou qu’en mourant je me veuille dédire d’aucun poindb quej’ai eferit, il ne s’y faut point attendre. Finalement de direqu’il me soit impossible de pouvoir à l'avenir aucunementamender cette faute, cela feroit trop dur, & contre l’expé-ne nce du temps paffé. II est donc question, savoir s’ilfera plus expédient de m'ester la vie, ou ( de peur que la cho-