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Tome premier.
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MEMOIRES

se ne soit tirée en mauvais exemple ) de me pardonner íou§efperance d’amendement. Quant à moi, quoique je sois partie

tiondePar- en ceci, íî dirai-je pourtant ce qu’il m’en semble en bonneconscience : puis que ce fait ici touche la Reine Elizabeth,

contre la sacrée personne de laquelle l’ofFense a esté commise,elle la peut pardonner de sa pure grâce, sans que cela puiílepréjudicier à personne. Voici donc en somme ce que je veuxdire , comme désirant plustost de descharger ma consciencetroublée , que de vivre. Pardonnez au pauvre Parry, & le dé-livrez , car vivre sans estre délivré lui seroit peu de chose. Que

pluitolt de detcharger ma consciencePardonnez au pauvre Parry, & le dé-

fi cela ne se peut faire & que l’on l’estime une chose dange-reuse ôc au déshonneur de fa Majesté, ( ce que je ne cuide pas,ains, sauf vostre meilleur avis , que ce soit chose pleine dehonneur & de miséricorde, ) en ce cas je supplie vos Excel-lences , & non autres , de m’ouir une fois , devant que procé-der encontre moi, puis après s’il me faut mourir, de supplierhumblement sa Majesté d’avancer mon procès & exécution ,laquelle je prie Dieu de tout mon cœur estre autant honorableà fa Majesté , que j’efpere qu’elle me fera honteuse, qui tantque je vivrai prierai Dieu comme j'ai fait jusques ici, qu’il luidonne longuement & heureusement régner.

De la Tour, ce dixhuictiesme de Février, mil cinq cençquatre vingt quatre. Signé Guillaume Parry,

Cependant le sire François Walsingam Secretaire de fa Ma-jesté traicta avec un certain Guillaume Creichton Escoíïbis denation , mais Jesuiste de profession, maintenant auísi prisonnieren la Tour, pour avoir esté appréhendé avec plusieurs complots,pour l’invasion de ce Roïaume : pour savoir de lui si ce Parryci ne lui auroit rien communiqué en France, ou ailleurs,touchant la question, à savoir s’il estoit loisible de tuer faMajesté : lequel respondit n’avoir souvenance pour l’heure.Mais depuis y ayant pensé, le vingtiesme de Février dernier, ilescrivit de son propre mouvement à Monsieur le Sécrétairetouchant ce faict là, & le tout de fa propre main, en la formçqu’il s’ensuit.

LETTRE,