1585.
Reponse
Alix DP.CLA-Jl AT. ET PRO-
nsr, DESGuises.
Sq MEMOIRES
I I I.
C’est une chose toute connue 8c commune en ce Royaume queceux de la maison de Guise se disent être descendus de la Racede Charlemagne, 8c prétendent comme à tels ce Royaume leurappartenir: les Généalogies qu’ils ont il y a longtems falsifiées.,les mémoires qu’ils en ont semés de main en main , 8c plusieurssemblables pratiques nous en pourroient faire foi ; mais parti-culièrement, pour ne reprendre les choses de plus haut, le volu-me qu’ils firent imprimer à Paris il y a quatre ou cinq ans com-posé par un des Rozieres, Archidiacre de Toul, auquel par pas-sages faux 8c supposés, 8c tirés outre 8c contre leurs sens, leditdes Rozieres tâche de prouver que ceux de cette Maison sontdescendus de Pharamond 8c de ligne en ligne continués jusquesà eux , c’est-à-dire , que cette Couronne leur appartenoit devantCapet, Charles , 8c Merovée Scieurs Races fufient jamais appel-lés à la Couronne, ce livre fut alors public à Paris 8c par toute laFrance. Et étant venu à la connoistànce du Roi pour faire leprocès à fauteur, fut commis 8c envoyé à Toul Monsieur Bru-lard, à présent Président aux Enquêtes , lequel le lui fit 8c parfit.
Mais ( par la bénignité du Roi il obtint grâce, ) sauf à faireamende honorable de fa faute : se reconnoître criminel de Leze-Majesté, 8c révoquer par contraire écrit le livre qu’il avoit fait,
1 y.
Or ont très bien connu de tout tems ceux de cette Maison ,que tandis que ce Royaume demeureroit paisible , il seroit mal-aisé de parvenir à leurs intentions , 8c pourtant ont toujours tâ-ché de le mettre & entretenir en troubles, tandis qu’ils ont pugagner ce point, quelque misere que la guerre ait pu apporterau pauvre peuple , quelque confusion quelle ait pu introduireen cet Etat, jamais ne s’en font en rien émus, jamais n’ont don-né aucune marque de la restèntir ; 8c la raison étoit que le sangde France s’épandoit par ce moyen 8c ils vouloient faire leur pro-fit de fa foiblesiè , qu’ils étgient alors les instrumens principauxdes misères du peuple ; 8c plus grandes qu’elles pouvoient être,plus auroient-iîs de prétexrcs de le prendre un jour pour sujetde leurs émotions ; qu’ils avoient les armes 8c i’autorité en main,pour gagner créance entre les hommes. Et par ce moyen jettoientpeu à peu les fondemens de leur grandeur prétendue fur nos rui-nes , 8c que la guerre petit-à-petit alloit corrompant le§ cœurs