i 3 o MEMOIRES
tes les astemblées d’Etats qui se tiennent d’an en an en fonditPais de Bearn , n’est jamais comparu personne qui ait requis cechangement, encore que la liberté y soit telle qu’on connoît »1 de proposer jusques au moindre grief qu’on prétend recevoir d riPrince , &c en requérir la réparation, dont appert que ce n’estqu’une pratique de dehors, de ceux qui envient le repos de sesSujets , & non un deíìr intérieur d’iceux : & n’a laissé pourtantledit Seigneur Roi de Navarre faire toujours payer les pensionsdes Prélats &c autres Ecclésiastiques de fondit Pais, dont il neprend autres à témoins qu’eux-mêmes , & le plus souvent de sespropres deniers , comme savent les Evêques de Daqz & d’Ole-ron, 8c autres. Qui plus est, de son propre mouvement pour con-tenter ceux de ses Sujets qui pouvoíent continuer en la Reli-gion Catholique Romaine , modéra les Ordonnances de la feueReine fa mere pour le fait de la Religion , qui n etoient qu’a-mendes pécuniaires fort légeres ; tant s’cn faut que jamais on yait procédé contre les Catholiques par ravistèmens, punitionscorporelles , morts , brulemens , tourmens , recherches , ainsiqu’ont conseillé, pratiqué, introduit ceux qui aujourd’hui sedisent protecteurs de la Religion Romaine , contre ceux de laReligion contraire : & de ce font témoins les Catholiques deBearn qui vivent en toute paix 8c tranquilité , desquels plu-sieurs exercent offices notables , ou audit Pais, ou près de lapersonne dudit Seigneur Roi de Navarre , ôc qui même ont lespremieres charges en ses Gardes, 8c les Capitaineries de sesmeilleurs maisons : ce que certes il n’est apparent qu’il voulût faires’il les avoir maltraités, ou s’il leur gardoit un mauvais cœur àl’avenir,
XVIII.
Or par ce que deíïus seroit aíîez répondu à ce qusils disent-qu’il est ennemi juré des Catholiques : mais ledit Seigneur Roide Navarre, qui voudroit ouvrir son cœur à tout le monde, nes’ennuiera point de leur découvrir ses affections 8c actions. Dé-clare donc ledit Seigneur Roi de Navarre qu’il connoît 8c croir,& a toujours cru 8c reconnu , que pourvu que le fond de bon-ne conscience y soit, la diversité de Religion n’empêche pointqu’un bon Prince ne puiste tirer très bon service indifférem-ment de ses Sujets, 8c que les Sujets ne rendent réciproquementle devoir qu’ils doivent , soit à leurs Supérieurs , soit à leursPrinces ; étant évident que les deux Religions recommandent