Band 
Tome premier.
Seite
198
JPEG-Download
 

1585.

DECLARAT.ET PROTEST.

bu R.deNav.

&C. S U R L APAIX AVEC

les Ligués.

198 MEMOIRES

ni molestés, pour avoir été séduits par les persuasions de la susdit?

Ligue.

Prient à même fin ledit Seigneur Roi,Prince Sc Duc, tous ceuïqui n’adherent à l’intention desdits Ligueurs, qu’ils doivent avoiraílez reconnus , fie qui toutefois sc retrouvcroient dedans leursplaces , troupes , ou armées , de s’en retirer fit démêler aUplutôt, pour le regret qu’ils auroient de ne les pouvoir bien dis'cerner ; n’étant leur intention de rendre participant à mêm?peine ceux qui ne seroient compris en memes crimes.

Et pareeque ledit Seigneur Roi de Navarre , ledit SeigneurPrince , fi c ledit Seigneur Duc savent bien considérer quetoute guerre est un fléau de Dieu , fie surtout la guerre domes-tique , en laquelle le pauvre peuple innocent souffre le plus ,duquel dès cette heure ils déplorent en leurs cœurs fie les ca-lamités fie les misères , ils supplient le Tout-puiílànt, de tou sleur cœur , qu’il lui plaise de déployer sa Providence sur le 'misérable Etat de ce Roïaume fi c de ce peuple , à ce que lemal puiíle être détourné par quelque voie , ou prévenu par quel-que bonne paix ; qu’il lui plaise aussi toucher les cœurs, Sc ouvrirles yeux du Roi Sc de la Reine fa mere , pour s’appercevoirdes expédions plus salutaires , amollir aussi la dureté Sc obsti-nation , réprimer l’ambition de ceux de cette Maison Sc decette Ligue , les rendant capables de meilleurs conseils Sc plusconvenables au repos de cet Etat.

Sinon , Sc que leurs prières ne puiílènt tant obtenir de bien,prient un chacun de juger si jamais y eut défense plus natu-relle , plus nécessaire , plus juste de donner aussi le tort, fie versetla malédiction sur ceux qui les ont réduits à cette extrémité , neleur laissant à choisir qu’en l’extermination de la Maison de Fran-ce , avec la ruine de l’Etat, ou une défense légitime fi c nécessaire ;s’aflurent conséquemment que Dieu bénira leurs justes armes,Sc fera tomber fur les auteurs de cette Ligue , vrais auteursde nos miseres , la ruine qu’ils prétendent du Roi Sc de toutefa Maison Sc son Etat.

Fait à S. Paul de Cadejous, le dixieme jour d’Août 1585.