D E I A L I G U E. 2r;
S^er le Roïaume après qu’ils vous l’auront fait perdre ; mais noussupplions Votre Majesté ne se guider parleurs conseils , qui neprocèdent que d’une ambition aveugle, Sc ains suivre plutôt,c pmme vous avex commencé, l’exemple tant célébré de la fa-ïence Sc justice de Salomon. Car comme il seignoit vouloire tre cruel pour discerner la vraie mere de la supposée , nous es-pions que Votre Majesté, aïant fait semblant de communiquerdésirs tyraniques de ces Ligués pour les découvrir , se gar-era Men de les accomplir , ains en fera son profit pour laConservation de ses naturels Sc obéiíïàns Sujets.
Nous n’excuserons pas, Sire, la prise de Montelimar, Scst une infinité d’autres Places surprises par ceux de la Prétendue^oligion , Sc ne désirons rien tant qu’une bonne paix rende l’au-t0r ité Sc la force à votre justice pour vous faire raison ; mais lastature, permettant à tous hommes de défendre leurs vies par tous^oiens, excuse aucunement ceux qui sont réduits à cette né-Ce ffité ; Sc au contraire le péché de ceux-là est inexcusable , les-S ll els conseillant une guerre très pernicieuse à Votre Majesté ,P°ur la friandise Sc confiscation des biens des Huguenots, les°ut contraints avec tant de rigueurs de se récompenser de leursPortes à vos dépens , Sc confisquer tout ce qu’ils peuvent entre-prendre fur Votre Majesté.
Quant a la Bulle sainte , la Cour en trouve le style nouveau& si éloigné de la modestie des avant-Papes, qu’elle ne recon-ftoit aucunement la voix d’un succeííeur des Apôtres ; Sc d’au-j-juit que nous ne trouvons point par nos. registres, ni par toute. antiquité , que les Princes de France aient jamais été sujets à laìpsttce du Pape, ni que les Sujets aient pris connoiílance de la"^ohgion de leurs Princes , la Cour ne peut délibérer fur icellepremierement le Pape ne faste apparoir du droit qu’il pré-en la transtation des Royaumes établis Sc ordonnés de/eu avant que le nom de Pape fut au monde , qu’il ne nous aitRelaté à quel titre il s’entre-mêle de la fucceíïìon d’un Princeplein de jeuneste Sc vigueur , Sc qui naturellement doit avoirles héritiers en ses reins ; qu’il n’ait instruit notre Religion, avecstueste apparence de justice ou équité il dénie le droit des gens^ lx prévenus d’hérésie, contre la disposition des saints Canonsanciens Décrets , lesquels ne permettent qu’aucun soit tenu^ e fétique qu’il n’ait été librement oui en ses raisons, Sc qu’ilété admonesté par plusieurs Synodes, & juigé par un Concileâstirnement astèmblé. Il faut qu’il nous enseigne avec quelleTome /. F f
1585-
Remontr.DU Paulem.au Roi.