DE LA LIGUE.
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A MESSIEURS DE LA NOBLESSE.
. — Essieurs, vous êtes nés tels , que vous approchez astèzes affaires de l’Etat, pour donner le tort, ou la raison à qui elle?Ppartient,fans qu’il soit besoin de long propos, pour vous ouvrir, es yeux. Vous avez vu naître en pleine paix les remuemens dea Ligue contre le repos de ce Roïaume : vous savez la patienceS u _c j’ai eue , quoiqu’ils m’euíTent pris comme à partie , Sc pourp'ct 8c prétexte de leurs armes. Vous avez vu les Ligueurs dé-parés rébelles par le Roi, Sc poursuivis comme tels par touteses Cours de Parlement. Vous vous êtes vus vous-memes com-mandés , armés Sc combattans contr’eux , par l’expreffe volontéRoi, fous l’autorité des Princes de son sang , des Pairs , ScPrincipaux Officiers de fa Couronne. Je ne doute donc qu’il nev °Us soit très étrange de voir comme en un instant ce change-ant , de vous voir armés contre le sang de France , com-mandés par Etrangers que vous combattiez comme perturba-te Urs , 8c qui pis est, contre ceux qui trois jours auparavant,Pour le service du Roi ôc du Roïaume, se trouvoient mandés Sccommandés comme vous , rangés fous mêmes enseignes , 8c demême volonté que vous : mais vous savez bien juger auffi queb S premiers mandemens procedoient du propre mouvement du"oi • ceux qui ont suivi depuis, de la violence des perturba-* e Urs. Car qu’ont fait depuis , même entre eux , ceux de la Li-^ Ue , pour leur faire perdre les qualités,de rébelles, crimineux? e lèse-Majesté , perturbateurs du repos , qui leur font attri-pées par tant d’Arrêts ? Ou qu’ont commis ceux de la Reli-6l °n vivant fous le bénéfice des Edits, que fa Majesté avoitmandés indifféremment pour son service, qui couroient auffisalement à l’embrastement commun , pour être aujourd’hui,a ^'appétit desdits perturbateurs , chastes du Royaume , pour-chassés à mort de toutes parts ? Si c’est pour le fait de la Re-i£ion,y avoit-il pas Edit exprès ? étoit-il pas fraichement réitéré?
Çjui est permis par les Loix du Roïaume, peut-il être réputéa crime ? peut-il être poursuivi de quelque peine ? Si c’est ( Scl’estvraiment ) pour avoir contrarié aux desseins de la Ligue,l^'Vous donc pas complices de ce crime ? êtes-vous donc pasv®ts à même peine ? cherchez-vous donc pas votre ruine pto-
1586.
Lettres mjRoi de Nav.